Trente ans qui ont changé l'Éthiopie

Révolutions politiques, démographiques et urbaines

Exposition, du 24 avril au 18 mai 2017

Galerie du Pôle des langues et civilisations

De 10h à 20h (sauf dimanches et jours fériés)

Entrée libre

Cette exposition-dossier sur l'Éthiopie contemporaine est construite autour d'une sélection de clichés réalisés entre 1983 et 2015 par Vincent Basuyau, ingénieur et ancien élève de l'Inalco.

Commissariat : Alain Gascon et Serge Dewel (ARESAE)

Visite commentée de l'exposition en présence de Vincent Basuyau et des commissaires le 28 avril à 18h.

L'exposition

L’Éthiopie est devenue le deuxième pôle démographique d’Afrique et le premier à l’Est du continent en dépit d’années de famine et de guerre civile. En bientôt un demi-siècle, ses effectifs ont été multipliés par quatre et les démographes estiment que cette population jeune augmentera de plus de 60 % jusqu’en 2050. Rappelons que 80 % des Éthiopiens se pressent sur un tiers du territoire national avec une densité moyenne plus de 250 habitants au km2.

Capitale récente d’un pays bimillénaire, Addis Abeba fut fondée par Menelik II (1889-1913) qui a doublé la superficie de la Grande Éthiopie. Elle fut, et est toujours, la porte d’entrée de la modernisation technique, culturelle et politique, le symbole et l’étendard de l’Éthiopie « moderne ». À la tête d’un réseau de caravanes et de villes fortes (kätäma) reliées au télégraphe au tournant du XXe siècle, à la voie ferrée (1917), à la route (sous l'Africa Orientale Italiana) et à un hub aérien (1946), elle impulse et transmet, par ses réseaux vers les périphéries, une onde de modernisation administrée par le haut.

Addis Abeba connut une première poussée de peuplement avec le chemin de fer et l’occupation italienne (1936-1941) et une croissance rapide avec l’installation de l’Organisation de l'unité africaine (1963) par l'empereur Haïlé Sélassié. Pendant la révolution (1974-1991), la ville a rencontré une période de stagnation due à la fermeture du pays puis une lente reprise jusqu’au conflit éthio-érythréen (1998-2000). Enfin, depuis une quinzaine d’années, l’accélération de l’exode rural a entraîné l’expansion « éruptive » de l’urbanisation au delà les limites étroites de la capitale et provoqué des émeutes en périphérie chez les paysans oromo dont les lopins de terres sont menacés. Addis Abeba est le cœur hypertrophié — avec 4 à 5 % seulement des effectifs totaux de l’Éthiopie — qui peine à moderniser un grand pays dont les dirigeants (et le peuple ?) aspirent à ce qu’il devienne une puissance régionale comme Menilek le revendiquait dès 1891.

Cet ensemble photographique contribue à réaliser un effet « zoom » sur l’Éthiopie qui, en proie à une crise de croissance sans précédent, cherche à demeurer elle-même tout en s’ouvrant plus que par le passé, avec inquiétude et circonspection, au monde extérieur.

 

Vincent Basuyau

Un regard de trente ans sur l'Éthiopie

Vincent Basuyau est ingénieur des mines (Douai). Il est diplômé d'études africaines en géographie : mémoire de DEA sur le chemin de fer djibouto-éthiopien (Sorbonne, 1991). Sa passion pour l'Éthiopie l'a conduit à l’Inalco où il a étudié l'amharique et le somali.

En 1983, Vincent Basuyau part en Éthiopie comme volontaire du service national de la coopération où il enseigne la topographie et le dessin industriel à des jeunes projeteurs du ministère éthiopien du logement et du développement urbain. Inventeur de quatre procédés brevetés, il se consacre ensuite à la globalisation des marchés en développant des carrières côtières pour l'exportation maritime de matériaux depuis la Norvège vers l'Europe et depuis le Sultanat d'Oman (Détroit d'Ormuz) vers les pays du Golfe et l'Océan Indien.

En 2014, il rejoint la Commission européenne où il est en charge des politiques industrielles et de construction durables à la direction générale « marché intérieur, industrie, entrepreneuriat et PME ».

Les commissaires

Alain Gascon, géographe, est professeur émérite à l’Institut français de géopolitique (IFG) et travaille pour le Centre de recherche et d’analyse géopolitique de l’université Paris 8. Il préside, depuis 2013, l’Association française pour le développement de la recherche scientifique en Afrique de l'Est (ARESÆ), dont il est membre depuis trente ans. Ses recherches portent sur la géographie culturelle et la géopolitique des recompositions identitaires, politiques et territoriales en Éthiopie, dans la Corne de l’Afrique, en mer Rouge (piraterie) et en Afrique de l’Est.

Serge Dewel prépare actuellement une thèse de doctorat en histoire de l’Éthiopie à l’Inalco, dont la soutenance est prévue en 2017. Ses recherches portent sur l’histoire d’Addis Abeba, l’expression du pouvoir et les recompositions identitaires (mouvement évangélique) en Éthiopie. Après avoir séjourné plus de quatre ans en Éthiopie, Serge Dewel a conduit une carrière de cadre dirigeant en entreprise.

Pour aller plus loin...

Sélection bibliographique 

« Trente ans qui ont changé l'Éthiopie »

Le Carreau de la BULAC

Les fonds patrimoniaux relatifs à l'Éthiopie

 


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