Concert de Moh! Kouyaté

Vous l’avez peut être déjà vu sur scène aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, en Hongrie ou à Paris. Dégaine soignée, chapeau incliné sur le côté, une présence solaire mais surtout un jeu de guitare époustouflant, à mi-chemin entre la tradition mandingue, le blues, le jazz et le rock. Avant de présenter son premier album, Loundo, Moh! Kouyaté a déjà une longue carrière derrière lui...

D’abord, en Guinée, formé à l’école traditionnelle par ses parents et ses oncles, tous impliqués dans la vie musicale de Conakry.
Chez les Kouyaté, dynastie de griots depuis le XIIIe siècle, l’apprentissage de la musique, c’est sacré ! Son père l’encourage et lui montre ses premiers accords, sa grand-mère lui achète une guitare artisanale au marché. Il se forge une oreille en écoutant les grands classiques de l’authenticité guinéenne : le Bembeya Jazz et son lumineux guitariste Sékou « Diamond Fingers » Bembeya, le Syli Authentique, Kouyaté Sory Kandia ou encore Ousmane Kouyaté, le guitariste de Salif Keita. Les progrès de Moh! sont fulgurants. En quelques années, il se fait repérer par les meilleurs guitaristes de Guinée qui voient en lui la relève. L’un d’eux, Amadou Diallo, lui fait découvrir l’album Tenderly de George Benson. C’est un choc ! Et le point de départ d’un appétit insatiable pour de nouveaux styles de jeu : Django Reinhardt, Santana, BB King, Ben Harper, Jimi Hendrix...
La nuit, Moh! anime les soirées de la capitale guinéenne avec son groupe Conakry Cocktail, il invente un son guinéen moderne, influencé par le travail de Joe Zawinul.
En 2004, il rencontre le bluesman Corey Harris, invité par l’ambassade américaine pour un concert. Fasciné par l’Afrique de l’ouest, Corey Harris a déjà sillonné le Mali avec Martin Scorsese et Ali Farka Touré pour le filmdu Mali au Mississipi . Avec Moh!, l’entente est immédiate et l’année suivante, il lui propose de l’accompagner en tournée. Pendant trois mois, en tour bus, Moh! fait l’expérience du gigantisme américain. Et alors que les sources du blues puisent dans la terre ouest-africaine, Moh! en découvre les affluents : le delta du Mississipi et ses guitaristes géniaux, si proches cousins d’Amérique.
En 2007, il pose ses valises en France et découvre la scène afro-jazz de Paris. Très vite, Moh! se fait un prénom dans le milieu. Il multiplie les rencontres humaines et artistiques et retrouve de talentueux compagnons de route (Ba Cissoko, Fatoumata Diawara). En quartet, il commence à tourner dans les cafés et les salles parisiennes, puis en Europe. En parallèle de ses nombreux projets, il compose son premier album, Loundo (« un jour »), véritable somme de toutes ses expériences. On y entend la générosité et la richesse de vingt années de carrière entre L’Afrique, les Etats-Unis et l’Europe. Des rencontres magiques, comme celle, en Italie, avec Piers
Faccini, invité avec Vincent Ségal sur le délicat Gassata. Un groove ultra-dansant, digne d’un Mory Kanté, comme sur T’en vas pas , un morceau composé pour un couple d’amis en crise et playlisté par Radio Nova, RFI ou Africa N°1. Bien souvent, Moh! Kouyaté conserve un pied dans la tradition, l’autre dans les musiques actuelles. Mandingue et afro-beat se tutoient par exemple sur Yarré ou sur le très funk Yéllé . En soussou, malinké, djahanké, pular ou français, il chante le bonheur, les drames de la vie, la difficulté de l’exil, l’instabilité du quotidien en Guinée et l’élan vital, l’espoir, celui qui permet d’avancer en toutes circonstances. Dans Loundo, « un jour », une balade aux accents rock, Moh! incite à la persévérance et à la patience : lorsqu’on y met du sien, tout peut arriver. Ce jour tant attendu a sonné et c’est celui de Moh! Kouyaté !



 

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Le mois de mai 2016 marque l’ouverture du Mois des Cultures d’Afrique dans le Grand Paris. L’Afrique est la jeunesse du monde. Avec son milliard d’habitants dans un contexte d’émergence économique, elle occupe une place de choix dans les enjeux stratégiques de la France. Depuis plusieurs siècles, ce continent riche d’une diversité culturelle extraordinaire est liée à notre pays par l’histoire et la présence de ses ressortissants sur l’ensemble du territoire. Ces graines parties d’Afrique ont donné naissance à « une culture Monde » et participé au rayonnement de la France. Le Mois des Cultures d’Afriques est « ce socle », qui permet de découvrir, redécouvrir et célébrer ces richesses culturelles artistiques issues de l’Afrique avec pour fondation incontournable, la Musique. Véritable fabrique de citoyenneté le Mois des Cultures d’Afrique participe à l’idée du vivre ensemble pour un avenir commun.

Manu Dibango

Photo Manu Dibango, Emmanuel Dautant (Wikimedia Commons).

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Le MOKA dans les médias

Jeune Afrique

 

 

Présentation de la sélection Diaspora d'Afrique (suite)...

Les champs artistique et littéraire ont rendu visibles toutes ces communautés au travers de leurs histoires singulières. Elizabeth Harney, dans son livre Ethiopian Passages: Contemporary Art from the Diaspora, montre combien les artistes africains de la diaspora ont contribué à la créativité de l'art contemporain.

En littérature, la production est particulièrement abondante, en raison de la diversité des genres et de la multitude des auteurs. Sur le théâtre, les livres African theatre: diasporas de Christine Matzke et Osita Okagbue et Africana women writers de Marzette DeLindales abordent les spécificités des textes, du jeu et des performances issues de ce théâtre né des diasporas africaines. En France, une nouvelle littérature africaine de langue française a émergé dans les années 1980 et 1990 sous l'influence de jeunes auteurs africains. Abdourahman A. Waberi s'inclue d'ailleurs dans cette nouvelle génération, dénommant ces écrivains les « enfants de la postcolonie ».

L'ouvrage d'Odile Cazenave Afrique sur Seine : une nouvelle génération de romanciers africains à Paris analyse ce nouveau courant littéraire, au travers duquel la question du retour au pays natal est moins présente. Dans les ouvrages de Calixthe Beyala, Le petit prince de Belleville, Sami Tchak, Place des fêtes, Alain Mabanckou, Bleu, blanc, rouge, Daniel Biyaoula, L'impasse, ou encore Fatou Diome, Le ventre de l'Atlantique, pointent les notions de migration, d'arrivée dans le nouveau pays, et d'intégration. La quête de l'identité est aussi très présente chez de jeunes auteurs de talent issus de l'Afrique anglophone, tels Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah, ou Nii Ayikwei Parkes, Notre quelque part.

Témoignages. Enfin, les récits personnels apportent une autre vision de la réalité. Loin des travaux universitaires de sociologues, le recueil de Manuel Charpy et Souley Hassane, Lettres d'émigrés : Africains d'ici et d'ailleurs, 1960-1995, plonge dans la parole brute et sans fard des migrants, face à la multiplicité des parcours vécus. Omar Ba, quant à lui, dénonce le mythe de l'eldorado européen dans Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus et s'écarte des discours politiques et institutionnels.

 


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