Domaine tibétain

Les collections du domaine tibétain(Asie) constituent un ensemble d’une grande valeur documentaire pour la connaissance des aires de culture tibétaine. En effet, bien que dépourvu d’ouvrages très anciens (la majorité des ouvrages datant de la deuxième moitié du XXe siècle), ce fonds est un reflet fidèle de l’évolution des recherches universitaires sur les zones tibétaines.

Ce domaine compte près de 8 000 ouvrages (dont 50 % en tibétain) et 30 titres de revues actuelles, issus des collections de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO) et de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO). Il compte un nombre important de textes religieux, dont beaucoup se présentent sous le format traditionnel du pothi, mais couvre également de nombreux autres domaines, en particulier la linguistique, les sciences sociales, la littérature traditionnelle et contemporaine, les récits de voyages. Outre ces documents papier, la BULAC est la seule bibliothèque en France à offrir en intégralité l’accès aux textes numérisés du TBRC, le Tibetan Buddhist Resource Center.

Cet ensemble reflète la richesse de la production littéraire des Tibétains (classée parmi les plus importantes littératures d’Asie), ainsi que la diversité et la vivacité de la culture tibétaine à travers les âges. Ce fonds éclaire également l’histoire de la tibétologie en France et les choix des chercheurs, longtemps versés dans les études bouddhiques et philosophiques.

Si l’enseignement du tibétain à l’École orientale des langues vivantes, dès 1842 et jusqu’en 1873, fut le premier cours de tibétain dispensé en Occident, il fallut pourtant attendre les années soixante pour voir débuter un véritable enseignement, ce qui explique en grande partie le caractère récent des ouvrages du fonds. Le fonds commence véritablement à prendre de l’ampleur au sortir de la Seconde Guerre mondiale et les ouvrages en tibétain sont achetés en nombre à partir des années 1970. De plus, de 1994 à 2008, ce fonds a fait l’objet de dotations spéciales de la BnF, ce qui a permis d’enrichir notablement les collections.

Les aires de peuplement tibétain ou de culture tibétaine ne se limitent pas à la division administrative de la Région autonome du Tibet, ni même au Tibet historique (aujourd’hui partagé entre cinq provinces chinoises), mais parcourent également le nord du Pakistan (Baltistan), une partie de l’Inde (en particulier au Jammu-et-Cachemire et en Himachal Pradesh), le nord du Népal, ainsi que le Bhoutan. Les livres concernant les zones tibétaines sont donc à chercher en salle de lecture sous l’indice 41XT, mais aussi sous l’indice du pays où se trouvent ces autres zones de l’aire culturelle tibétaine : 41IN (Inde), 41 NP (Népal), 41 PK (Pakistan). Le Bhoutan, lui, possède sa propre cote, 41BT. Quelques ouvrages sur le Tibet contemporain, écrits en chinois, se trouvent dans le domaine Chine (43CN), notamment pour la géographie (958.6). Enfin, en raison des liens religieux, sociaux et culturels du Tibet avec la Mongolie, des documents concernant des aspects importants de la culture tibétaine se trouvent également dans les collections du domaine mongol.

En ce qui concerne la publication d’ouvrages en tibétain, les collections du domaine puisent à la fois dans la production éditée au Tibet ainsi que dans celle publiée en exil.

Concernant le suivi éditorial des livres publiés au Tibet, si les acquisitions restent toutefois assez récentes dans l’histoire du fonds (surtout à partir des années 1970), il convient de rappeler qu’en raison de la politique répressive du gouvernement chinois avant même, pendant et après la Révolution culturelle, la littérature aussi bien que la presse ont connu un coup d’arrêt entre la fin des années 1950 et la fin des années 1970. Les collections comptent cependant une grande partie des premières rééditions de textes classiques du début des années 1980, mais aussi des ouvrages et des journaux représentatifs de la renaissance de la publication en tibétain.

À titre d’exemple, la BULAC possède une grande partie des numéros des deux premiers journaux tibétains apparus après la révolution culturelle, Bod kyi rtsom rig sgyu rtsal (བོད་ཀྱི་རྩོམ་རིག་སྒྱུ་རྩལ།) et sBrang char (སྦྲང་ཆར།), où furent publiés la plupart des principaux textes de la littérature tibétaine contemporaine. La bibliothèque possède également les œuvres complètes de Don grub rgyal (དོན་གྲུབ་རྒྱལ།), auteur pionnier de la littérature de fiction tibétaine mais aussi fondateur de la nouvelle poésie tibétaine avec le poème manifeste Le torrent de la jeunesse (Lang mtsho’i rbab chu), en 1983.

Bien que la forme romanesque soit encore assez peu exploitée par les écrivains tibétains, l’édition en tibétain est très dynamique, en particulier dans le domaine de la poésie et de la nouvelle, comme le montre notamment la collection d’anthologies d’œuvres d’écrivains du XXIe siècle lancée par les presses des nationalités du Qinghai, Dus rabs 21 pa'i Bod kyi rtsom pa po'i deb phreng (Anthologie des écrivains du Tibet du XXIème siècle). Par ailleurs, la traduction d’ouvrages tibétains en langues occidentales est elle aussi très dynamique, en particulier en ce qui concerne les études bouddhiques et historiques, à l’exemple de la nouvelle traduction anglaise de l’ouvrage majeur de Butön Rinchen Drub (1290-1364), l’Histoire du bouddhisme en Inde et au Tibet.

Aujourd’hui, le développement du fonds continue de suivre de près l’actualité de la recherche sur l’aire culturelle tibétaine, tant au niveau national qu’international, s’appuyant en cela sur une solide tradition de tibétologie française.

Le fonds déposé par l’École française d’Extrême-Orient comporte notamment une édition complète du Canon bouddhique (337 volumes). Ce fonds compte un nombre important de textes religieux, mais couvre également d’autres domaines, comme la linguistique, les sciences sociales, la littérature, les récits de voyages.

 

Les collections en magasins : 6 500 volumes communicables, dont 15 revues de plus de 10 ans. Les textes au format traditionnel sont regroupés sous la cote TIB.V.

Dans les collections de la Réserve sont réunis les ouvrages rares et précieux, consultables sous certaines conditions. Par exemple : Alphabetum tangutanum sive tibetanum. Romae : Typis Sac. Congreg. de Propag. Fide, 1773.

Des revues en ligne et des bases de données. Par exemple : Journal of the International Association of Tibetan Studies ; Tibetan Buddhist Research Center Digital Library (TBRC).

Chargée de collections pour le domaine tibétain : soline.lau-suchet [à] bulac.fr

Établissements fondateurs de la BULAC ayant contribué à la constitution du domaine tibétain : Sorbonne NouvelleINALCO, EFEO.

 

Légende : Alphabetum Tibetanum : missionum apostolicarum commodo editum praemissa est disquisito qua de vario litterarum ac regionis nomine, gentis origine, moribus, superstitione, ac manichaeismo fuse disseritur Beausobrii calumniae in sanctum Augustinum, aliosque ecclesiae patres refutantur. Romae, 1762, collection de la BULAC. Gravure sur bois (d'après le texte latin) : A. Calame ; B. Support pour les étuis à calames, généralement en cuivre, appelé dans le texte Graphiarium ; C. Intérieur de l'étui à calames, contenant l'encre ; D. Extérieur de l'étui à calames, fait en cuir et qui peut être accroché au Graphiarium  par une chaîne (tel que montré en B.) ou bien à une simple cordelette (tel que montré ici) ; E. Volume tibétain couvert de deux ais de bois, le tout étant attaché par une cordelette ; F. Volume tibétain couvert de deux ais de bois, sans attaches, format le plus usité.

Légende des Fragments d'un manuscrit tibétain : Histoire du prince Norzang

Fragments d'un manuscrit tibétain remontés par un collectionneur au XIXe siècle. Le titre est forgé. Des perles fondues ont servi à écrire le texte. Fragment de l'histoire du prince Norzang, telle qu'elle apparaît dans le texte ནོར་བཟང་གི་རྣམ་ཐར། (La vie de Norzang) qui constitue la version littéraire d'un livret dramatique d'une des principales pièce de l'opéra tibétain. L'histoire, présente dans le Kangyour (la première partie du canon bouddhique), a été adaptée au XVIe siècle pour en faire l'actuelle version connue. Il s'agit du récit de la vie du pieux roi Norzang et de son épouse, une belle déesse, qui vont finalement triompher des velléités du roi voisin et des manigances imaginées par les cinq cent autres épouses de Norzang, jalouses de la faveur accordée à cette déesse. L'ex-libris, indique (information non confirmée) qu'il pourrait s'agir de celui de Firmin-Didot (?).

 


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Le carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=969