Domaine géorgien

La BULAC possède un fonds géorgien unique en France. À ce titre, elle est une bibliothèque de référence au niveau européen. Ce fonds compte près de 3 000 ouvrages, dont des éditions rares et précieuses datant du XIXe siècle. Le géorgien est la langue maternelle de plus de quatre millions de locuteurs.

Origines et constitution de la collection géorgienne

Les premiers documents en géorgien acquis par la bibliothèque datent de la première moitié du XIXe siècle. Ce fonds ancien compte notamment une quinzaine de livres donnés par l’Institut Lazarev de Moscou. Ce don d’ouvrages témoigne des relations suivies entre l’Institut et l’ École des langues orientales à l’époque de Charles Schefer (1820-1898). À compter de 1874, des achats viennent compléter les dons de particuliers ainsi que ceux de la Société géorgienne de Paris, de la Bibliothèque géorgienne de Paris et du gouvernement soviétique (à partir de 1926).

En 1926, ce domaine est déjà riche d’une collection d’imprimés, au moment où l’enseignement du géorgien débute à l’École des langues orientales avec Nikolaï Marr (1865-1934), grand spécialiste des langues du Caucase. Jusqu’en 1928, il y assure des « cours libres ». Il est ensuite relayé par l’abbé Brière, jusqu’en 1931. La chaire de géorgien sera ensuite vacante puis de nouveau pourvue en 1965, grâce à l’arrivée de Georges Charachidzé (1930-2010).

Le fonds géorgien de la BULAC s'est également étoffé au fil du temps de documents remarquables grâce aux dons de la Société géorgienne de Paris, puis, du gouvernement soviétique, dès 1926. Plus récemment (2015-2017), ces collections ont pu continuer à s’enrichir d'ouvrages datant du début du XXe siècle grâce à des dons de particuliers comme celui de Nathéla Nicoladzé-Villecourt, constitué essentiellement d'éditions originales des années 1920 et 1930, de même que ceux des Archives nationales de Géorgie, du Centre national des manuscrits de Géorgie et  de l’Institut de philologie, de byzantinologie et de littérature grecque moderne.

Outre des éditions géorgiennes, la BULAC conserve également une riche collection d’ouvrages d’auteurs russes ou occidentaux sur la Géorgie. Mus par des considérations diverses et possédant des compétences intellectuelles particulières, ces derniers ont consigné dans leurs écrits ou illustré à travers leurs dessins leurs observations et analyses sur la Géorgie. Parmi eux, il faut citer l’orientaliste Marie-Félicité Brosset (1802-1880), qui fut le premier Français à œuvrer pour la diffusion internationale de la culture géorgienne, de même que le peintre de la Cour impériale russe, Grigori Gagarine, pour son album, Caucase pittoresque, réalisé et édité à Paris en 1847. Par ailleurs, le fonds géorgien de la BULAC compte un ensemble exceptionnel de titres de revues anciennes comme Iveria (Ibérie, 1877-1885), Kvali (Sillon, 1893-1904) ou Esmakis Matraxi (1919-1921).

Répartition : 83 % des titres de ce fonds sont en langue originale et 17 % en langues occidentales. Les 130 titres imprimés acquis au cours du XIXe siècle représentent 11 % de cet ensemble de collections. Il est à noter que plus de 90 % des ouvrages en langue géorgienne acquis entre le XIXe siècle et le début du XXe siècle proviennent de Géorgie.

Des premiers imprimés au paysage éditorial contemporain

Le premier imprimé en géorgien est publié à Rome, en 1626. Il s’agit d’un dictionnaire italo-géorgien, établi par Étienne Paolini, avec l’aide de Nicephore Irbach. La production éditoriale connaît un premier essor en Géorgie au cours de la première moitié du XIXe siècle, en particulier à Tiflis (actuelle Tbilissi) grâce à l'activité des imprimeries du Comité spécial d’édition et de la Chancellerie de la vice-royauté du Caucase, fondées par l’administration tsariste.

La bibliothèque conserve quatre titres [cf liste], publiés entre 1852 et 1873 : un ouvrage de linguistique et trois ouvrages religieux, tous édités dans ces imprimeries d'État. L’Empire russe imprime également des textes en langue géorgienne que ce soit à Moscou ou à Saint-Pétersbourg. Il est à noter que quatre des publications éditées par la Typographie impériale de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg : un dictionnaire, une chrestomathie de la littérature géorgienne, une biographie de Nicolas Ier et un ouvrage religieux, sont conservées à la BULAC.

Des livres sont également publiés en géorgien, hors de l’Empire russe, jusqu’aux années 1880. Ils le sont à Venise, Constantinople et Montauban. L’histoire de ces publications est liée à la présence et aux activités de la diaspora catholique géorgienne contrainte de quitter le pays en 1880, après l’annexion de la Géorgie par l’Empire russe. Ce dernier avait aussitôt interdit la pratique des rites religieux et de l’office en latin dans les églises catholiques géorgiennes. L’activité principale de cette communauté en exil est avant tout culturelle. Elle consiste alors à publier des manuels de théologie, de grammaire et de géographie pour l’instruction de ses enfants. Quinze titres de cette période sont conservés dans les collections de la BULAC, comme Les Fables d’Ésope, en géorgien, publié à Venise, en 1859.

C’est également à la fin du XIXe siècle que s’opère la construction idéologique de la nation géorgienne par le biais de la valorisation de son passé, de sa culture et de sa langue. Les promoteurs de l’idée nationale fondent en 1869 la Société de diffusion de l’alphabétisation parmi les Géorgiens, et créent un réseau d’écoles et d’études de la culture traditionnelle qui va alimenter des publications dans les domaines de la littérature et de l'ethnographie. Les auteurs de ces textes vont être institutionnalisés et connaîtront une fortune éditoriale non démentie jusqu’à nos jours. Une part des œuvres produites par cette intelligentsia réformiste, constituée entre autres de Ilia Tchavtchavadzé, Akaki Tsereteli, Iakob Gogebachvili, Dimitri Bakradzé et Ekvtimé Takaichvili, [cf liste], sont conservées à la bibliothèque. Par ailleurs, une partie substantielle des publications de la Société de diffusion de l’alphabétisation parmi les Géorgiens, consacrée aux manuels scolaires et à la littérature dite « récréative », figurent également dans les collections de la BULAC. La bibliothèque conserve, en effet, seize des titres publiés par cette société d'État, parmi lesquels sont présentes trois partitions de musique traditionnelle géorgienne.

Au début du XXe siècle, les achats destinés à accroître le fonds géorgien sont effectués en Europe : 82 % d'entre eux proviennent d'imprimeries françaises, en raison de la présence dans le pays d’une communauté géorgienne venue trouvée refuge, à partir de 1921, à la suite de l’occupation du pays par l’Armée rouge. En revanche, les achats en provenance d'Amérique n’excèdent pas les 7 %.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, Tbilissi accueille des artistes du monde entier et une vie culturelle bouillonnante s’y développe, marquée par une grande liberté d’expression et de création. En effet, à cette époque, les nouvelles tendances artistiques comme l’impressionnisme, le symbolisme ou le futurisme sont défendues par une nouvelle génération de Géorgiens, avide de cosmopolitisme et soucieuse d’une éducation accessible à tous. Les artistes désirent ardemment la modernité, qu’ils réussissent à s’approprier grâce à des contacts plus directs et plus fréquents avec le monde culturel occidental. La présence dans les collections de la BULAC de nombreuses œuvres, pour la plupart originales, telles que celles de Valérian Gaprindachvili, Titsian Tabidzé, Mikheil Javakhichvili, Niko Lortkipanidzé, Grigol Robakidzé témoigne de l’émergence de ces nouvelles valeurs esthétiques et idéologiques dans le champ intellectuel géorgien. Ce mouvement ne s’éteindra qu'au moment des Grandes Purges des années 1930.

L’ouverture à l’international pendant cette période favorise également le développement des recherches en sciences humaines et en sciences naturelles. La professionnalisation des chercheurs impacte alors le monde éditorial et permettent d’importantes avancées scientifiques en histoire, en philologie, en sociologie et en psychologie. Le monde de la recherche géorgien prendra vraiment son essor en 1918, au moment de l’ouverture de l’Université de Tbilissi, ce qui donne lieu à la publication et à la diffusion des travaux des historiens Ivané Javakhichvili, Nikoloz Berdzenichvili et du linguiste Akaki Chanidzé. Rappelons qu’en 1918, la Géorgie acquiert son indépendance et son gouvernement est dirigé par le Parti social-démocrate géorgien, mais les bolcheviques envahissent le pays en 1921. Une grande partie de la classe politique et de l’intelligentsia est alors contrainte de s’exiler en France. Celles-ci continuent de publier, essentiellement dans un but de sensibilisation de la communauté internationale contre l’occupation soviétique et d’entretenir la mémoire de la Géorgie indépendante. Pendant cette période, s’illustre notamment l’éditeur-imprimeur Davit Kheladzé, dont l'activité éditoriale en France rend possible la parution de textes de nombreux auteurs en géorgien et en français. La BULAC possède onze titres publiés chez cet éditeur.

Création de la cote « GEO ». En 1938, la cote « GEO » est créée. Elle compte 976 titres, issus presque exclusivement de dons institutionnels. Le gouvernement géorgien alors en exil à Leuville-sur-Orge (suite à l’invasion russe de 1921) fait don à la bibliothèque en 1943 d’une vingtaine d’ouvrages. Les volumes datant des dernières décennies du XXe siècle proviennent principalement de l’Académie des sciences de Tbilissi.

Après la seconde guerre mondiale, en Géorgie soviétique, le matérialisme historique impose son idéologie qui entraîne un développement de la recherche scientifique dans des domaines comme l'histoire économique ou la culture matérielle (archéologie, anthropologie, muséologie). Les résultats de ces recherches ne sont pas négligeables bien qu’elles soient marquées du sceau de l’ethno-nationalisme soviétique, celui-ci étant axé sur la valorisation du patrimoine national. Mais ces recherches restent coupées des évolutions des sciences humaines occidentales. C’est pour cette raison que dans le catalogue de la BULAC, a dû être créée, spécifiquement pour ce fonds, une sous-catégorie « Ethnographie-Folklore », dans la rubrique « Sciences sociales ». La littérature populaire constitue la majeure partie de la section « Littérature » pour cette période. Ces publications s’échelonnent entre 1945 et 1991 et appartiennent aux éditions de l’Académie des sciences de Géorgie.

Dans les années 1990, les acquisitions en géorgien se raréfient. D’une part, le contexte critique de la Géorgie post-soviétique aux plans politique et économique a provoqué le déclin des éditions scientifiques et culturelles et fragilisé les structures de distribution géorgiennes ; d’autre part, la Russie ne joue plus son rôle d’intermédiaire dans la diffusion des publications géorgiennes tandis que les échanges culturels franco-géorgiens demeurent faibles. [Lire la suite, ci-contre]

Article sur le Carreau de la BULAC

« Le fonds géorgien de la BULAC : observations à partir du catalogage rétrospectif réalisé en 2015 », par Tamara Svanidzé.

À l'issue du catalogage rétrospectif du fonds géorgien entrepris en 2015 : 1 214 titres, édités entre 1840 et 1991, présents dans les fichiers papier pré-existants, ont pu rejoindre le catalogue de la BULAC. [Lire la suite]

 

Domaine géorgien (suite)

Une production éditoriale miroir des mutations de la société géorgienne

Les années 1990. Avec la fin du régime soviétique, le champ intellectuel géorgien a subi de grands changements socio-politiques. La levée du monopole d’État a permis de voir fleurir de nouvelles maisons d’édition privées (cf catalogue BULAC : exemples de publications des éditions Bakur Sulakauri, Sezani, Palitra, etc.) dont la production est désormais déterminée par des logiques de marché. De nouveaux genres se développent, comme le roman ou les nouvelles « grand public », une littérature de divertissement dans laquelle le réel et la vie quotidienne font irruption.

Liberté de parole et débats de société

À partir des années 2000, les différents milieux académiques géorgiens font preuve d’un certain dynamisme qui entraînent leur reconfiguration ainsi que celle de certains champs disciplinaires. Avec ces changements les publications scientifiques et plus globalement la production intellectuelle se sont intensifiées et diversifiées.

Depuis qu’elle a retrouvé son indépendance et sa liberté de parole, la Géorgie, à l’instar des autres pays de l’ancien bloc soviétique, voit l’émergence de débats de société sur les moments occultés de son passé. Ces derniers deviennent le symbole de la faillite de l’histoire officielle de l'URSS. Les pages glorieuses de l'histoire géorgienne demeurent malgré tout une source de réconfort pour un peuple en proie au désarroi, après avoir été durement éprouvé par les nombreuses crises politiques et sociales survenues depuis la fin de l’ère soviétique. C’est ainsi que la plupart des maisons d’édition publiant des ouvrages de vulgarisation s’efforcent de réécrire l’histoire de la Géorgie. Elles privilégient le plus souvent les analyses mettant l'accent sur les aspects géopolitiques, culturalistes et civilisationnistes qui occultent désormais la dimension sociale. Cette multiplication des références à la culture n’est pas sans pénétrer partiellement le cadre universitaire géorgien.

Les milieux académiques et savants

À partir des années 2000, les différents milieux académiques géorgiens font preuve d’un certain dynamisme qui entraînent leur reconfiguration ainsi que celle de certains champs disciplinaires. Avec ces changements les publications scientifiques et plus globalement la production intellectuelle se sont intensifiées et diversifiées.

Pour ce qui est des publications dans les cadres savants géorgiens, certains axes thématiques sont récurrents. La production éditoriale reflète essentiellement les travaux de nouveaux acteurs des milieux académiques, engagés dans l’élaboration de projets de réformes politiques, accompagnant le processus de modernisation depuis les années 2000. Les tenants des discours savants sont à la fois issus des sphères médiatique, politique et universitaire, ce qui ne permet pas de distinguer leurs discours qui se confondent dans le débat public. Parmi les instances extérieures aux milieux académiques qui orientent la production savante, figurent des institutions tant nationales (Georgian Foundation for Strategic and International Studies) qu’internationales (Institute for Democracy and Electoral Assistance, Open Society Foundation, United Nations Development Programme, etc.). Des rapports d’expertise rendus à ce genre de commanditaires sont la source de nombreux ouvrages, publiés depuis 2000. Ainsi les travaux réalisés en sciences humaines sont en partie dépendants d’instances extérieures au monde académique qui peuvent intervenir autant sur le choix des objets d’étude que sur la définition des problématiques. Toutefois, ces institutions, ainsi que la jeune Fondation nationale des sciences Roustaveli ont contribué à la réalisation de nombreuses recherches scientifiques et à l’émergence des disciplines comme l’anthropologie ou les études féministes (cf catalogue BULAC : travaux de Tamta Melachvili, Ékateriné Gamakharia).

Des nouvelles recherches en histoire aux pages occultées de l’historiographie soviétique

Il est également intéressant de noter que les nouvelles recherches historiques sont le reflet d’une attention exceptionnelle portée aux pages occultées de l’historiographie soviétique concernant notamment la Première République de Géorgie (1918-1921), l’insurrection de 1924 étouffée par l’Armée rouge ou les Grandes Purges des années 1930. Ressusciter la première souveraineté au suffrage universel et à la démocratie parlementaire est très important d’un point de vue symbolique, les publications de nombreux historiens en témoignent (cf catalogue BULAC : travaux de Otar Janelidzé, Dimitri Chvelidzé, Beka Kobakhidzé, Irakli Khvadagiani). Les études sur les actes de résistance contre la soviétisation sont également destinées à valoriser l’héroïsme du peuple géorgien à travers son histoire (cf catalogue BULAC : travaux de Mikheil Bakhtadzé). Par ailleurs, l’histoire militaire constitue toujours l’un des meilleurs fondements du prestige national. Et cela, même quand il s’agit d’évoquer les sujets tabous de l’histoire géorgienne, comme l’alliance militaire des Géorgiens avec les Allemands pendant la Première Guerre mondiale (cf catalogue BULAC : travaux de Lacha Bakradzé).

La sortie du soviétisme : un champ d'étude prisé

En parallèle des initiatives impulsées par le pouvoir, la thématique de la sortie du soviétisme est devenue le champ d’étude prisé par les chercheurs désireux d’envisager la période soviétique comme un moment de rupture à partir duquel devait advenir la démocratisation post-communiste. Cette dernière qui faisait partie du projet modernisateur des milieux savants également était destinée à combler les écarts politique, économique et culturel avec le monde occidental (cf catalogue BULAC : les travaux de Gia Nodia et de Davit Darchiachvili). Ces études se réfèrent aux réformes institutionnelles vouées à ouvrir la Géorgie vers les pays européens tout en interrogeant la capacité d’adaptation de la société à celles-ci. Pour ces chercheurs, les anciennes conceptions romantiques et ethniques de la nation doivent être remplacées au profit des paradigmes théoriques occidentaux. Les travaux de Gia Zédania, Gigi Tevzadzé, Zurab Kiknadzé rendent comptes de cette tendance.

Par ailleurs, la jeune génération des historiens s'intéresse au mémorialisme (entretiens biographiques, recueils de récits de vie, analyse de la littérature officielle et de la propagande), ces derniers sont soucieux de transmettre la mémoire de la société géorgienne de l’époque soviétique avec ses valeurs, ses codes, ainsi que l'histoire de ces conflits internes (cf catalogue BULAC : travaux de Tea Tvalavadzé, Marina Taboukachvili, Tamaz Vasadzé).

Les sociologues étudient désormais la société géorgienne en s'appuyant sur les indicateurs statistiques de la sociologie occidentale et marquent ainsi un tournant dans les sciences sociales géorgiennes, (cf catalogue BULAC : travaux de Gia Tarkhan-Mouravi, Nana Sumbadzé, Marina Mouskhelichvili, Iago Kachkachichvili, Lado Papava, Archil Gegechidzé. Certains d’entre eux questionnent parallèlement des modes alternatifs de règlement de conflits inter-ethniques, survenus depuis la chute de l’URSS.

Les collections de la BULAC ont pu également s’enrichir grâce à l’achat d'ouvrages de spécialistes occidentaux de la Géorgie, en langue originale et en version traduite en géorgien, sur les transformations post-soviétique du pays (cf catalogue de la BULAC : travaux de Stephen Jones).

La littérature : une « désacralisation » à l’ œuvre

Des récits qui explorent le réel dans ses recoins les plus sombres sont venus se substituer aux ouvrages au style très académique des époques précédentes. La crudité et la noirceur ont la part belle dans la production littéraire post-soviétique. Le réel investit la littérature. Les stigmates laissés par le désarroi social et les conflits armés trouvent une résonance dans les œuvres de fiction et deviennent une source d’inspiration dans de nombreux récits (cf catalogue de la BULAC, les  œuvres de : Aka Morchiladzé, Dato Tourachvili, Chota Iatachvili). La littérature autobiographique et les livres de témoignages rencontrent un succès important auprès du public géorgien car cette production est le reflet du vécu de toute une génération (cf catalogue de la BULAC, les nouvelles de Giorgi Kékélidzé). L'écriture poétique est également désacralisée pour laisser place à une poésie plus ludique. Le fantastique et l’absurde ont également désormais droit de cité dans les œuvres de fiction, qu’elles soient romanesques ou théâtrales (cf les pièces de Lacha Bougadzé).

Les éditions Bakur Sulakauri publient chaque année dans une collection dédiée les quinze meilleures nouvelles de jeunes auteurs géorgiens (15 sauketʹeso kʹartʹuli motʹxroba) que l'on peut également retrouver dans le catalogue de la BULAC. Par ailleurs, les auteurs contemporains n’hésitent pas à revisiter le patrimoine littéraire incarnant l’identité nationale et ses mythes fondateurs dans des romans où prévalent l’ironie et le burlesque, tels que ceux de Lacha Bougadzé, de Naïra Gélachvili et de Otar Chiladzé. La forme des essais d'actualité politique ou culturelle subit également des bouleversements. Désormais, une nouvelle catégorie, Essai blog, se retrouve sur les rayons des librairies (cf catalogue de la BULAC : les livres de Malkhaz Kharbédia et de Paata Khourdadzé). Par ailleurs, la littérature classique est massivement rééditée. Les nouvelles éditions de ces textes classiques présentent dans le fonds géorgien de la BULAC en témoignent (cf catalogue de la BULAC, les auteurs suivants : Mikheil Javakhichvili, Konstantiné Gamsakhourdia, Tamaz Chiladzé, etc.).

Cet ensemble d’acquisitions effectué par la bibliothèque est autant le reflet des grandes orientations de la production intellectuelle et artistique géorgienne contemporaine que des publications en géorgien traduites et éditées en France.

Les collections en magasins

2 800 volumes communicables, dont les revues de plus de 10 ans.

Dans les collections de la Réserve sont réunis les ouvrages rares et précieux, consultables sous certaines conditions. Par exemple :

Chronique géorgienne, traduite par M. Brosset, jeune membre de la Société asiatique de France. Paris, 1831 [cote RES-8-1531].

Le chevalier à la peau de tigre, Chota Roustaveli. Édition de G. Kartvelichvili de 1888, illustrée par le peintre hongrois Mihály Zichy [cote RES MON Fol 917].

Établissements fondateurs de la BULAC ayant contribué à la constitution du domaine géorgien : Sorbonne Nouvelle.

Chargée de collections pour le domaine géorgien : marine.defosse [à] bulac.fr

 


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