Don Lazard

Le don de Gilbert Lazard à la bibliothèque James Darmesteter : études iraniennes

Le linguiste Gilbert Lazard vient de faire don d’une partie de sa bibliothèque personnelle à l’Institut d’études iraniennes (IEI). Ce successeur d’Émile Benveniste à l’École pratique des hautes études (EPHE) et membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres est l’une des plus éminentes figures de l’iranologie contemporaine, sa bibliothèque en est le reflet.

La valeur bibliophilique de ce fonds est non négligeable : elle réside non seulement dans son contenu même mais aussi dans le fait que les livres comportent souvent des annotations de la main de Gilbert Lazard, ou possèdent des fiches, ou des feuillets volants glissés entre les pages avec des commentaires et des notes dont il est l’auteur.

De même, sont à signaler la présence de nombreuses dédicaces et signatures faites par des spécialistes et collègues, iraniens, russes, tadjiks, arméniens, etc., qui souvent lui avaient offert ces ouvrages en témoignage de leur admiration et de leur amitié.

Si ce fonds est une contribution à la recherche, c’est aussi le témoignage précieux d’une recherche dynamique et vivante.

Le « don Lazard » est constitué d’un fonds de près de 1 500 ouvrages dont certains sont d’une grande rareté. Celui-ci se répartit en 3 catégories de langues :

  • 600 ouvrages en persan
  • 300 ouvrages en russe et en tadjik (alphabet cyrillique)
  • 600 ouvrages en langues latines (essentiellement en français, anglais et allemand).

Le fonds persan

Le fonds persan est notamment riche de manuscrits et de livres imprimés des plus rares, tels que :

  • un manuscrit titré Majma al-Fors ou Farhang-e Soruri, daté de 1657-58 et composé de 244 feuillets en calligraphie nastaliq. Cet ouvrage comporte plusieurs signatures d’acquisition, la dernière datée du 10 décembre 1950 est celle de Gilbert Lazard lui-même.
  • Plusieurs lithographies qui sont toutes des dictionnaires persans, dont certaines possèdent une reliure d’origine datant du milieu du XIXe siècle, comme Farhang-e Jahangiri et Montakhab al-loqat-e Shahjahani.
  • Une édition numérotée en deux volumes du Qoran-e Qods qui constitue une superbe reproduction de la première traduction du Qoran en persan.
  • Une collection d’environ 40 ouvrages imprimés (divans, anthologies ou recueils de textes littéraires), aux reliures somptueuses. Il s’agit ici de premières éditions publiées en Iran dans les années 1930. Pour les auteurs les moins connus, ces livres n’ont souvent plus été réédités par la suite. Cette collection d’une grande valeur va venir enrichir les fonds de l’IEI qui ne possédaient pas jusqu’ici d’ouvrages équivalents.
  • Environ 1/3 de ce fonds est composé de dictionnaires ou d’études linguistiques ; les 2/3 restants (400 volumes) représentent essentiellement des ouvrages de poésie classique et de littérature édités dans les années 1930 et 1940, avec quelques rares acquisitions postérieures à la révolution iranienne.

Le fonds des ouvrages en langues latines

Le fonds des ouvrages en langues latines (français, anglais et allemand) comprend entre autres :

  • Une traduction en français de Leili et Madjnoun par Antoine-Léonard Chézy, en 2 volumes édités en 1805.
  • Une traduction en français de 1828 du Golestan de Sa’di par Semelet, dédiée au roi.

Ce fonds concerne principalement l’Iran ancien. On y rencontre également un certain nombre d’ouvrages publiés à Bombay sur le zoroastrisme ainsi que des traductions de l’Avesta.

Le fonds en langues russe et tadjik

Le fonds en langues russe et tadjik contient :

  • De nombreux ouvrages publiés dans l’ex-URSS, par des chercheurs et des écrivains russes et locaux. Ils concernent principalement la linguistique, la description et l’histoire des langues ainsi que quelques ouvrages de littérature et de poésie. Ces livres ont pour la plupart été publiés dans les années 1950-1960 au Tadjikistan, ou par exemple en Arménie, et constituent des raretés sur le sol français.
  • Quelques ouvrages précieux datent des années 1920, comme par exemple le Dictionnaire ossète-russe-allemand de Wsewolod Miller.
  • Un certain nombre de ces ouvrages concernent des langues iraniennes rares, telles que le shughnani, le yagnobi ainsi que d’autres langues du Pamir, comme les langues kurdes, l’ormuri, etc.
  • Par ailleurs, certains ouvrages rendent compte des travaux de chercheurs soviétiques (originaires des républiques d’Asie centrale) ayant travaillé sur les « parler » locaux et leur caractéristiques, comme les études sur le Dialecte  de Téhéran ou le  Parler des Tadjiks de Boukhara  de Karimove, Moscou en 1959.
  • Le fonds contient aussi de nombreux dictionnaires et lexiques ainsi que des manuels de langues.

Farzaneh Zareie, responsable de la bibliothèque James Darmesteter : études iraniennes

 
 


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