L'essor

1874 : l’Ecole spéciale des langues orientales et sa bibliothèque s’installent rue de Lille

Sous l’impulsion de Charles Schefer, et grâce à son dynamisme, l’École, d’abord accueillie provisoirement avec ses livres en 1868 au Collège de France, va trouver un bâtiment spécialement aménagé pour elle. Dans le même temps, Auguste Carrière (1838-1902), arménisant et sémitisant, est nommé bibliothécaire. L’œuvre de Carrière est considérable : il constitue une bibliothèque digne de ce nom pour l’École. Celle-ci emménagera définitivement rue de Lille en 1874. Durant toute cette période la bibliothèque se dote de fonds qui deviendront incontournables. Dès 1875 lui sont donnés 1 600 volumes venant de l’helléniste Wladimir Brunet de Presles (1809-1875) ainsi que des volumes venant de bibliothèques de savants (ventes Jules Mohl, Garcin de Tassy, Alphonse Belin, Jules Thonnelier, etc.).

[cf. son ex-libris par ex sur BB.IX.4, une édition grecque de 1817].

Les objectifs sont en effet clairement fixés : constituer des collections cohérentes — en langue originale et en traduction — dans les différentes langues et en littératures, sur les voyages, la géographie, l’histoire, les religions et le folklore des pays, en lien avec les enseignements de l’École. De la sorte, en 1898 la bibliothèque est riche de plus de 50 000 volumes, acquis en Europe mais aussi, grâce à un réseau de correspondants (Istanbul, Calcutta, Tanger, Bombay, Tchong-k’ing, Pékin, etc.) avec lesquels sont faits des échanges. Dans le même temps, l’enseignement de nouvelles langues induit la création de nouveaux fonds. Le chinois avait commencé à être enseigné en 1840 par Antoine Bazin (1799-1863), mais c’est le comte Michel-Alexandre de Kleczkowski (1818-1886) qui fonde à partir de 1871 un véritable enseignement de chinois moderne, grâce à son expérience d’interprète. [cf. ms. Chi. 1(1-2), etc.]

L’arabisant Maurice Gaudefroy-Demombynes (1852-1967) administre la bibliothèque de 1898 à 1910.

A partir des années 1920, le fonds de la bibliothèque se diversifie

[cf. Ms. Ind. 7, dessin par Julien Vinson]

Grâce à Julien Vinson (1843-1926) qui enseigne le tamoul puis l’hindustani de 1886 à 1921, le fonds tamoul se développe significativement. Paul Boyer (1864-1949), professeur de russe de 1891 à 1936, nommé administrateur en 1908, s’intéresse également à la bibliothèque qu’il fait agrandir et qu’il enrichit régulièrement. Il lui lègue sa propre bibliothèque en 1952.

[cf. par ex. AE.III.33, légende livre d'artiste, daté de 1920, dédicacé à Paul Boyer]

C’est sous son mandat que s’est développé de 1921 à 1933 l’enseignement de plusieurs langues slaves et finno-ougriennes, qui a entraîné la constitution de fonds conséquents grâce aux dons d’Ivan Stchoukine (1869-1908) en 1909, du linguiste, spécialiste du slovène, Lucien Tesnière (1893-1954) et d’Élie Borschak (1891-1959) qui introduit en 1938 l’enseignement de l’ukrainien à l’Ecole.

[cf. l’ex-libris de Grégoire Stchoukine sur RR.VI.1, etc.]

[TT.V.102, ex-libris de Borschak]

1945 : rattachement de la bibliothèque à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique

A côté des fonds généraux, cotés par lettres simples et doubles, sont développés après 1930 des fonds spécifiques, par langues. Lorsque en 1945, la bibliothèque se trouve séparée administrativement de l’École et rattachée à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, elle est riche de 150 000 volumes, 3 100 titres de périodiques et de 30 000 documents divers. Elle dispose alors d’un catalogue manuel, par auteur et par matière.

Depuis 1945 la bibliothèque connaît un développement régulier malgré la faiblesse de ses moyens financiers et des difficultés d’acquisition, l’évolution de l’édition dans les différents pays rendant parfois difficile la constitution de collections complètes dans certains domaines. Le développement de laboratoires de recherche plus spécialisés a également conduit à des partages de compétences inévitables. Toutefois, la bibliothèque qui comptait 430 000 ouvrages en 1995, totalise, à la fin de l’année 2008, 740 989 monographies (avec un accroissement annuel de 14 000 volumes) et 12 189 titres de périodiques, dont 1 958 vivants.

 


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