Construire la citoyenneté au Sénégal. L'alternance démocratique de 2012 au regard de l'histoire.

Cycle « la contestation du pouvoir », 5e conférence

Le mercredi 17 avril 2013, de 18h30 à 20h30

Auditorium

Caravane de sensibilisation au vote, organisée par le mouvement « Y’en a marre » (Pikine-Nietti Mbar, 10 mars 2012), © Séverine Awenengo Dalberto

Après l’indépendance du Sénégal le 20 août 1960, Léopold Sédar Senghor dirige le pays. Son parti, l’Union progressiste sénégalaise (UPS), devient l’unique parti au gouvernement. Ce n’est qu’en 1974 que l’opposition démocratique naît avec la création par Abdoulaye Wade du Parti démocratique sénégalais (PDS).

 

Valérie Nivelon a réalisé une enquête pour RFI à Dakar en 2012. Elle a retracé la genèse du PDS d’Abdoulaye Wade. Elle reviendra sur cette naissance du pluralisme politique au Sénégal.

Mais cette ouverture de l’espace politique n’a pas donné donné immédiatement naissance à à un système électoral transparent et fiable. L’administration et le parti socialiste au pouvoir, héritier de la culture du parti unique, ont multiplié les obstacles sur le chemin du vote transparent et crédible. Il a fallu trois décennies de luttes acharnées pour faire sauter les uns après les autres les obstacles à la crédibilité du vote au Sénégal.

Ibrahima Thioub analyse les moments les plus significatifs de ces luttes, leurs formes et contenus, qui ont permis par deux fois l’alternance politique au Sénégal, sans recourir à des formes extrêmes de violence politique.

Abdoulaye Wade, le fondateur du PDS, est élu président de la République du Sénégal en 2000. C'est la première alternance démocratique dans ce pays. Il est réélu en 2007, et tente même de se représenter pour la troisième fois en 2012. Or, la constitution du Sénégal ne permet pas à un président de la République d'exercer le pouvoir plus de deux mandats successifs. Il a alors le projet de modifier la constitution. C'est à cette époque que débutent des mouvements contestataires. Commencée dans la rue en 2011, la contestation du président Abdoulaye Wade s’est finalement transformée en acte électoral, en s’achevant dans les urnes en février et mars 2012.

Séverine Awenengo Dalberto a conduit en 2011 et 2012 des travaux sur les élections présidentielles au Sénégal de 2012, notamment sur le mouvement « Y’en a marre » issu des dynamiques contestataires. Au-delà de la contestation de Wade, la réussite de « Y’en a marre » doit beaucoup à sa capacité à incarner les aspirations des jeunes citoyens sénégalais, démographiquement majoritaires mais encore considérés comme des « cadets sociaux ».

Mobilisations contre Abdoulaye Wade (place de l’Obélisque, Dakar, 31 janvier 2012) © Séverine Awenengo Dalberto

Allons-y :

Auditorium du Pôle des langues et civilisations
65, rue des Grands Moulins
75013 Paris
Métro Bibliothèque François-Mitterrand

Mission action culturelle
Tél : 01 81 69 18 38 / 18 86

action-culturelle(à)bulac.fr

 

Écoutez !

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Tract du mouvement « Y’en a marre » (mars 2012)

Les intervenants

Séverine Awenengo Dalberto est chercheure au CNRS, et membre du Centre d'études des mondes africains (CEMAf). Elle enseigne également à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent notamment sur les mobilisations politiques et sociales et sur la citoyenneté au Sénégal. Elle a également développé sa réflexion autour des enjeux historiographiques et épistémologiques de lécriture de lhistoire africaine, en Afrique et en France. Séverine Awenengo Dalberto termine actuellement deux ouvrages : l'un avec Camille Lefebvre sur les frontières africaines au moment des indépendances et l'autre sur l'histoire de la Casamance, prévu pour fin 2013 chez Karthala.

Valérie Nivelon est journaliste et productrice de « La marche du monde » à Radio France internationale (RFI). Ce magazine hebdomadaire de 47 minutes qu’elle a créé en 2003 est consacré aux mémoires du XXe siècle. Il est construit autour d’archives sonores, de témoignages et de reportages réalisés sur les cinq continents. Valérie Nivelon a reçu le prix Scam 2011 de la meilleure émission de radio pour la série documentaire « Goulag : les Européens parlent ». En 2012, elle a dirigé la publication avec Alain Blum et Marta Craveri du livre-audio Déportés en URSS, Récits d’Européens au Goulag / Éco-édition Autrement / RFI.

Ibrahima Thioub est professeur d’histoire à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), et occupe actuellement la chaire « Traite atlantique et esclavage » au Collège d’études mondiales. Il est chercheur associé à l’Institut d’études avancées de Nantes. Il a été récemment distingué docteur honoris causa de l’Université de Nantes. Ses recherches et enseignements portent sur les systèmes de domination et leurs idéologies en Afrique. Il a écrit plusieurs chapitres d’ouvrages consacrés à l’historiographie africaine, comme « Regard critique sur les lectures africaines de l’esclavage et de la traite atlantique critique » dans Les historiens africains et la mondialisation / Karthala (2005), ou « L’historiographie de “l’École de Dakar” et la production d’une écriture académique de l’histoire » dans Le Sénégal contemporain / Karthala (2002).


Sélection d’ouvrages du fonds sénégalais de la BULAC.

 

Sénégal : le laboratoire démocratique, premier volet de l’émission sur RFI disponible ici.

Sénégal : le laboratoire démocratique, deuxième volet de l’émission sur RFI disponible ici.

 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

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