Le pouvoir des idées dans le monde arabe. Cyberactivisme et think tanks en Afrique du Nord.

Cycle « la contestation du pouvoir », 3e conférence

La conférence, initialement programmée le mardi 19 février 2013, est reportée à une date ultérieure.

Auditorium

Après l'espace public et la rue, la conférence « Le pouvoir des idées dans le monde arabe : cyberactivisme et think tanks en Afrique du Nord », s’intéresse au rôle joué par Internet et les réseaux sociaux dans les révolutions arabes. Miroirs d'une contestation « de terrain », ces espaces virtuels consacrent une nouvelle forme de citoyenneté, fondée sur la défense de la liberté d'expression et sur la revendication d'un « droit à l'information ».

Berceau du printemps arabe, le cas tunisien est emblématique : il a consacré le succès de jeunes blogueurs, d'utilisateurs des réseaux sociaux, engagés dans une lutte tenace contre la censure et le verrouillage du système politique. De manière concomitante, la révolution tunisienne a vu apparaître le « cyber-militant » et le citoyen.

Après la chute de Ben Ali, cette libération de la parole a redéfini l'action politique, pensée et vécue, sur un mode entièrement nouveau. Si certains acteurs se sont engagés en politique, beaucoup de « cyber-militants » ont conservé une certaine distance vis-à-vis du pouvoir (fût-il issu de l'opposition) et préféré porter leurs revendications, hors des structures traditionnelles de l'engagement politique.

Ce renouveau de l'engagement politique reste fragile. En août 2012, un projet de loi anti-blasphème, déposé par Ennahda, l'ancienne coalition au pouvoir, avait fait craindre un retour de la censure et mobilisé l'opinion publique, mettant à jour les divisions qui cisaillent, encore récemment, la société tunisienne.

Pour définir les contours du cyberactivisme contemporain, nous avons fait appel à Khadija Mohsen-Finan (université Paris 8), spécialiste du Maghreb et des questions méditerranéennes. Alors que la situation en Tunisie est loin de s'être normalisée, elle s'intéressera aux rôles des thinks tanks dans la diffusion des discours politiques et détaillera les modalités d'intervention dont dispose la société civile pour peser sur la prise de décision et la définition de la Tunisie future.

Son analyse sera complétée par l'intervention d'Inès Hammami (Nice Sofia Antipolis), spécialiste des systèmes de gestion et d'information. Elle reviendra sur un autre volet de l'activisme numérique en Tunisie : le portail public data.gov.tn. Depuis 2011, le nouvel État tunisien s'est engagé dans le mouvement de l' « open data », qui vise à rendre les données publiques librement accessibles et réutilisables.

Cette libération des données publiques est un pari audacieux : elle vise à faire pression sur le pouvoir pour que l'opacité du régime de Ben Ali demeure un lointain souvenir. Déjà, au printemps 2012, suite à la diffusion des débats de l'assemblée nationale constituante (ANC), internautes et citoyens avaient découverts et dénoncés les votes falsifiés et l'abstentionnisme de leurs élus.

Le développement de l'Open data doit permettre d'aller plus loin dans ce désir de transparence et de responsabilisation du pouvoir. En donnant notamment accès aux registres de l'administration publique, cet outil pourrait lever le voile sur l'identité des auteurs de la répression sous Ben Ali. Les résistances de l’administration et du gouvernement sont nombreuses, mais ce projet ne peut que s'amplifier puisqu'il s'inscrit dans un processus international d'ouverture des données. 

Manifestant remerciant la révolution tunisienne. Photo Sherif9282

 

Allons-y :

Auditorium du Pôle des langues et civilisations
65, rue des Grands Moulins
75013 Paris
Métro Bibliothèque François-Mitterrand

Mission action culturelle
Tél : 01 81 69 18 38 / 18 86

action-culturelle@bulac.fr

 
Une reconfiguration du paysage des réseaux sociaux en Afrique du Nord après la révolution tunisienne : les cartes des amitiés Facebook© stamen.com

Les auteurs

Khadija Mohsen-Finan est politologue. Elle enseigne à l'université de Paris I et à l'IEP de Paris. Elle est chercheure associée à l'IRIS. Ses travaux portent essentiellement sur le Maghreb, la Méditerranée et l'intégration des populations musulmanes en Europe. Elle a publié Les Médias en Méditerranée, nouveaux médias, monde arabe et relations internationales chez Actes Sud en 2009 et l'article « Le pouvoir par les idées : l'expérience des Think tanks au Maghreb », Étude IFRI 2011, dans Le Maghreb dans les relations internationales, aux éditions du CNRS en 2011.

Inès Hammami est spécialiste en systèmes d'information. Elle enseigne à l'École universitaire de management de l'université de Nice Sophia Antipolis. Elle est membre de OpenGovTN et de OpenGov University

 

Sélection d'ouvrages des collections de la BULAC

Guidère, Mathieu : Le choc des révolutions arabes / Autrement, 2012
cote 23XA 321 GUI

Naba, René : Les révolutions arabes / DL, 2011
cote 23XA 321 NAB

Stora, Benjamin et Edwy Plenel : Le 89 arabe : réflexions sur les révolutions en cours / Stock, 2011
cote BULAC MON 8 423

Todd, Emmanuel et Daniel Schnaidermann : Allah n'y est pour rien ! / arretsurimages.net : [diff. Le Publieur], 2011
cote BULAC MON 8 1912

et

Ben Mhenni, Lina: Tunisian Girl / Indigènes, 2012

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Les données ouvertes

Ce sont les données produites et collectées par les structures publiques dans leur mission de services publics. Elles sont non nominatives, ne relèvent pas de la vie privée et ne relèvent pas de la sécurité du pays. En effet le secteur public génère une grande variété de données qui ont vocation à être réutilisées afin de produire de nouveaux services à valeur ajoutée et de permettre aux citoyens d’accéder à l’information et de participer dans la prise de décision publique.

 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=856