Au nom des peuples !

Paris, carrefour des revendications nationales pendant la Conférence de la Paix de 1919

Exposition, du 24 juin au 9 août 2019

Rez-de-jardin, entrée libre

À l'occasion du centenaire de la Conférence de la Paix, l’exposition met en lumière les stratégies médiatiques déployées par les peuples pour défendre des souverainetés émergentes face aux intérêts des vainqueurs et faire entendre leurs voix dans les négociations entre grandes puissances.

« Vous tenez dans vos mains l'avenir du monde. Je vous laisse, Messieurs, à vos graves délibérations et je déclare ouverte la Conférence de Paris. » Raymond Poincaré, discours d’ouverture de la Conférence de la Paix, 18 janvier 1919

Le 18 janvier 1919 s’ouvre à Paris la Conférence de la Paix. Première rencontre diplomatique à réunir autant de pays — vingt-sept États sont représentés —, la Conférence est destinée à mettre un terme diplomatique au conflit et à mettre en place une paix durable. Elle s’attelle notamment à redécouper les territoires des quatre empires démantelés (russe, allemand, austro-hongrois et ottoman).

Dès l’ouverture de la Conférence, de nombreuses délégations étrangères arrivent à Paris pour exprimer leurs revendications. Très peu de nations sont toutefois réellement admises à la table des négociations. De fait, dès les premiers jours de la Conférence, Clemenceau fait une distinction entre les grandes puissances dites « à intérêts généraux » et les petites nations dites « à intérêts limités » ou « particuliers ». À partir du 24 mars 1919, le cadre des délibérations se réduit au périmètre du Conseil des Quatre, qui réunit la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, auxquels s’adjoint parfois le Japon. Au final, Clemenceau, Wilson et Lloyd George prennent les principales décisions. Les « petites nations » doivent se contenter de présenter aux décideurs leurs revendications et de participer aux commissions techniques.

En cet instant de profondes transformations des relations internationales, un véritable phénomène d’effervescence éditoriale se fait jour. Avec plus de 300 documents directement associés à cet événement diplomatique majeur, les collections de la BULAC reflètent ces efforts exprimés par les porte-voix de différentes revendications nationales ou territoriales.

L’exposition donne à voir la diversité des dispositifs médiatiques mis en œuvre par les différentes parties prenantes pour tenter de peser dans les débats de la Conférence. Brochures, bulletins, communiqués de presse, mémorandums, pétitions, plébiscites, proclamations…, les requêtes s’expriment sous des formes très variées. Cette prolifération de publications atteste de l’importance des enjeux nationaux face aux défis d’un nouvel ordre mondial. L’outil cartographique joue également un rôle déterminant dans les débats. Le visiteur pourra ainsi découvrir un panel de cartes mobilisées par les différents acteurs comme instrument d’expertise et comme forme d’argumentation. L'exposition éclaire enfin la manière dont la question coloniale s’invite à la Conférence, que ce soit à travers l’affirmation croissante du droit d’autodétermination des peuples et l’émergence du panislamisme ou dans le règlement du sort des colonies allemandes.

 

Pour aller plus loin

Sélections bibliographiques

- « Conférence de la Paix de 1919 »

Plus de 300 titres dans le catalogue de la BULAC liés à cet événement diplomatique majeur.

- « 1919 à travers le monde : la guerre ne s'arrêta pas à Paris… »

Une sélection d'ouvrages empruntables, à retrouver sur les étagères de l'entrée de la bibliothèque pendant l'exposition.

Sur le Carreau de la BULAC

Découvrez l'article prolongeant l'exposition sur le carnet de recherche de la bibliothèque.

À l'Est, la guerre sans fin, 1918-1923

- Le catalogue de l'exposition présentée au musée de l'Armée du 5 octobre 2018 au 20 janvier 2019

- La playlist YouTube de l'exposition

« Le temps n'est plus où les diplomates pouvaient se réunir pour refaire d'autorité, sur un coin de table, la carte des empires. Si vous avez à remanier la carte du monde, c'est au nom des peuples et à la condition de traduire fidèlement leurs pensées ; de respecter le droit des nations, petites et grandes, à disposer d'elles-mêmes et de le concilier avec le droit, également sacré, des minorités ethniques et religieuses. »

Raymond Poincaré, discours d’ouverture de la Conférence de la Paix, 18 janvier 1919

« Cette Conférence peut être considérée, à quelques égards, comme le couronnement suprême, de l'histoire diplomatique du monde jusqu'à ce jour, car jamais autant de nations n'ont été représentées à la fois pour résoudre les problèmes qui intéressent à un tel degré le monde entier. »

Woodrow Wilson, discours d’ouverture de la Conférence de la Paix, 18 janvier 1919

 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=3255