Expositions permanentes

La BULAC fait place à la création artistique en invitant des artistes à investir les espaces de ses salles de lecture. Plusieurs œuvres d'art s'offrent ainsi au regard du public de manière pérenne.

Pauline Fournier, intimités en mouvements

Depuis début 2021, deux portraits photographiques en grands formats, réalisés par l'artiste Pauline Fournier, sont à découvrir face à la salle de la Réserve…

L'artiste

 

« D'abord il y a le texte, que je manie sous toutes ses formes aux Langues O' : littéraire, scientifique, pédagogique, numérique et papier, originel et traduction. Et puis l'image avec la photographie que je développe juste à côté. » Pauline Fournier

Pauline Fournier est photographe et maître de conférences à l’Inalco. Après avoir obtenu plusieurs maîtrises dans le domaine des langues (maîtrise d'italien, DEA de linguistique et maîtrise de FLE) elle a choisi de se consacrer à la langue et à la littérature slovènes qu'elle enseigne à l'Inalco depuis une dizaine d'années. C'est là qu'elle a développé aussi son travail dans le domaine de la traduction littéraire auprès d'autres chercheurs de l'Institut (groupe de recherche et master en traduction littéraire) dans la continuité des propositions théoriques d'Henri Meschonnic.

[Découvrir le site web de Pauline Fournier]

Le projet

Les deux photographies que Pauline Fournier a offertes à la BULAC ont été réalisées dans le cadre de son projet Una Chiamata, mené durant l’année 2019-2020. Ces deux pièces d'une série de portraits d’étudiants en langues étrangères révèlent la jeune génération étudiante dynamique et engagée.

Les œuvres

Des échanges personnels entre l’artiste et les modèles qu’elle a sélectionnés, notamment au sujet de l’apprentissage des langues, lui ont permis d’identifier les espaces architecturaux les plus adaptés pour représenter chaque étudiant.

C’est ainsi que Marouane s’est mis en scène dans l’escalier menant au rez-de-jardin de la BULAC, transformé le temps d’une photographie en scène de défilé, tandis que Rose s’est fondue dans le décor végétal luxuriant du patio donnant sur la rue des Grands Moulins.

Le défilé de Marouane, série « Una Chiamata », Pauline Fournier, 2020.

Rose, série « Una Chiamata », Pauline Fournier, 2020.

Œuvres exposées sur le mur face à la salle de la Réserve, au rez-de-jardin de la BULAC.

 

Bahia Shehab, de la lettre à l'image

Bahia Shehab figure parmi les artistes mis à l'honneur par la BULAC en 2015 à l'occasion de l'exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, la première exposition en France sur l'histoire de la typographie arabe.

L'artiste

Née au Caire en 1977, Bahia Shehab est une artiste, graphiste et historienne de l’art libano-égyptienne. Son travail, nourri par l’histoire de l’art islamique, explore les intersections entre l'identité moderne et le patrimoine culturel ancien et réinterprète la politique arabe contemporaine, le discours féministe et les questions sociales. Bahia Shehab a été active en tant qu'artiste de rue pendant le soulèvement égyptien de 2011. Elle a récemment fondé TYPE Lab, un laboratoire dédié à la promotion et au développement de l'écriture arabe au sein l'Université américaine du Caire, où elle dirige les programmes de cultures visuelles et de graphisme. Son livre A History of Arab Graphic Design (2020), co-écrit avec Haytham Nawar, est le tout premier manuel d'histoire sur le sujet. Reconnue pour sa créativité et son engagement, elle a reçu de nombreux prix et distinctions. Son œuvre a été présentée dans des expositions et galeries à travers le monde, en Chine, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Liban, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis. [Découvrir le site web de Bahia Shehab]

Le projet

Bahia Shehab a entamé en 2010 une recherche sur l’histoire de la lettre double lam-alif, qui a aussi en arabe le sens de la négation. À partir du millier de formes différentes qu’elle a rassemblées, depuis le début de l’islam jusqu’à nos jours, et de l’Espagne jusqu’aux frontières de la Chine, elle a créé une installation artistique et composé un livre, A Thousand Times NO: the Visual History of Lam-Alif [Mille Fois Non : l’histoire visuelle du lamalif]. La répression du mouvement révolutionnaire quelques mois plus tard l’a amenée à peindre ses « NON » sur les murs du Caire, ce dont témoigne le documentaire Nefertiti's Daughters (2015).

L'artiste a prolongé ce travail à la BULAC dans le cadre de l'exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, présentée dans la galerie du Pôle des langues et civilisations et les salles de lecture de la BULAC à l'été 2015. L'exposition proposait au visiteur de découvrir les travaux d’artistes, de graphistes et de typographes contemporains, donnant un aperçu du dynamisme qui anime la création graphique et typographique sur l’écriture arabe. 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

L'œuvre

L'œuvre présentée à l'entrée de la BULAC est un développement du travail de thésaurisation de la lettre lam-alif débuté par Bahia Shehab en 2010. 

L'artiste a repris quelques-unes de ses formes, avec la volonté de faire partager aux jeunes artistes-graphistes une connaissance des créations du passé en même temps qu’un sens du jeu, de l’invention et de la liberté.

Cette œuvre porte le témoignage d'un profond renouvellement de la création graphique et typographique, par l'exploration des cultures anciennes et des formes traditionnelles. Elle inscrit dans le présent la mémoire d'un événement marquant de la programmation culturelle de la BULAC.

A Thousand Times No, œuvre inspirée par l'histoire du mot « LamAlif » (« non » en arabe). Bahia Shehab l'avait reproduit sur les murs du Caire pendant la révolution du printemps arabe.

Œuvre exposée sur le mur-rideau au rez-de-chaussée de la salle de lecture de la BULAC.

À lire : « Contempler A Thousand Times Node Bahia Shehab », par Jérôme Lequine, La Croix, 20 février 2021.

 
Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=4201