Résumés des communications

Trajectoires d’enfances au goulag : mémoires tardives de déportation par Anne-Marie Losonczy (EPHE)

Cette intervention est une contribution à la connaissance d’un pan très peu étudié de l’histoire du Goulag, celle de la déportation des enfants des pays d’Europe centrale et orientale avant et après la seconde guerre mondiale. Quelques jalons sont proposés pour appréhender les spécificités de l’expérience infantile, la diversité de ces expériences et la récurrence de la remémoration tardive.

Nous proposons d'interroger les formes spécifiques de cette remémoration, la mise en récit de l’enfance au Goulag ainsi que le processus de transformation de cette expérience en témoignage, par le biais des empreintes indélébiles laissées sur ces adultes déplacés dans leur enfance.

Cette recherche s'appuie sur le corpus de témoignages oraux recueillis dans le cadre du projet Mémoires européennes du Goulag dans les pays de l’Europe centrale et orientale.

 

Biographie :

Anne-Marie Losonczy est anthropologue et directrice d’études à l’École pratique des hautes études et professeur à l'université libre de Bruxelles. Ses recherches portent sur deux aires géographiques : la Hongrie post-soviétique et les Amérindiens de Colombie.

Membre associé du CERCEC–CNRS-EHESS a coordonné les entretiens menés en Hongrie du projet ANR « Archives sonores de l'Europe du Goulag ».

Et aussi...

2010 "Ritualisation mémorielle et construction ethnique post-communiste chez les Hongrois de Transcarpathie (Ukraine)" in Civilisations, vol. 59, n°1, pp.131_150.

2010 "Nos années de souffrance". Mémoire du Goulag et construction ethnique postcommuniste chez les Hongrois de Transcarpatie (Ukraine) " Revue d'études comparatives Est-Ouest, vol. 41, n°1, pp.163-190.

Archive et témoignage oral : une histoire différenciée du travail en déportation ? par Emilia Koustova

En confrontant les témoignages récoltés auprès d'anciens déportés en Sibérie qui y sont restés et les archives du Parti ou d’autres institutions soviétiques, Emilia Koustova se propose d'étudier le rôle du travail et des corvées imposés, seule voie de survie pour les déportés.

Cette analyse permettra de réfléchir à la fonction économique des déportations, à partir de documents d’archives et de l’historiographie récente, et à interroger les entretiens réalisés pour mieux comprendre le rôle ambigu joué par le travail imposé dans la vie des déportés. Ceci conduira par ailleurs à s'interroger sur les spécificités de ce « corpus sibérien », mis en regard de l’ensemble des entretiens recueillis dans le cadre du projet « Archives européennes du Goulag ». Ces spécificités tiennent notamment à la façon dont ces récits individuels étaient inscrits dans la mémoire collective « soviétique », en mettant par exemple fortement l'accent sur les exploits réalisés au travail.

Biographie

Diplômée de la faculté d’histoire de l’université d’État Lomonossov de Moscou, auteur d’une thèse de doctorat et de plusieurs articles sur les célébrations révolutionnaires soviétiques, Emilia Koustova enseigne l’histoire et la civilisation russe à l’université de Strasbourg. Elle poursuit ses recherches sur les rituels politiques soviétiques et participe au projet collectif consacré aux déportations soviétiques depuis l’Europe de l’Est. Emilia Koustova s’intéresse notamment aux processus d’adaptation et d’intégration  des victimes des déportations staliniennes.

Et aussi...

« Le travail et l’adaptation dans les « villages spéciaux » : les déportations soviétiques de l’Europe centrale et orientale » (en russe), à paraître dans les Actes du colloque « Histoire du stalinisme. Travail coercitif en URSS : économie, politique, mémoire », Moscou, Rosspen

 

Le sociologue et la déontologie de l’enquête orale par Jean-Sébastien Eideliman

Le respect de l’anonymat des personnes acceptant de participer à des enquêtes est l’un des piliers de la déontologie des sciences sociales. Si l’ethnographie du temps du « Grand Partage » entre sociétés primitives et sociétés développées a longtemps pu se reposer sur une mise en œuvre minimale de l’anonymisation, les transformations récentes de la sociologie et de l’anthropologie, amenées toutes deux à faire de plus en plus souvent une ethnographie du proche, remettent en question ces pratiques. Or ces dernières dépassent de loin la seule exigence de déontologie, à laquelle on veut trop souvent les cantonner. Les aspects éthiques sont en effet inextricablement liés en la matière à des questions d’efficacité scientifique et de positionnement théorique, voire politique, du chercheur.

 

Biographie

Jean-Sébastien Eideliman est maitre de conférences en sociologie à l'université Lille 3 et membre du Centre de recherche "Individus, Épreuves, Sociétés" (CeRIES).

Son dernier ouvrage, co-écrit avec Didier Fassin, Économies morales contemporaines, est paru en 2012 aux éditions La Découverte.

Et aussi...

BÉLIARD Aude et EIDELIMAN Jean-Sébastien, « Au-delà de la déontologie. Anonymat et confidentialité dans le travail ethnographique », in Fassin Didier et Bensa Alban (dir.), Les Politiques de lenquête. Épreuves ethnographiques, Paris, La Découverte, 2008, p. 123-141


 



 

 

01 Introduction de la journée

02 Les archives sonores du goulag

03 Trajectoires d'enfance au goulag

04 Archives et témoignage oral

05 Discussion

06 Le sociologue et la déontologie de l'enquête orale

07 Du témoignage oral au documentaire sonore

08 Synthèse

09 Déportés en URSS

10 Introduction au témoignage de Silva Linarte

11 Entretien avec Silva Linarte

12 Questions à Silva Linarte

13 Autour du documentaire d'Hélène Châtelain

 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=709