Cycle « Contre-pouvoirs dans les régimes à référence musulmane »

Conférences publiques de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) en partenariat avec la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC)

Visuel du cycle de conférences de l'IISMM 2021-2022
Quand : 5 octobre 2021 – 14 juin 2022 Où : Auditorium du Pôle des langues et civilisations
Texte

En contexte islamique, comme ailleurs, les systèmes d’autorité, les figures de la souveraineté, les rapports d’allégeance, de soumission et de dépendance, n’ont jamais pu empêcher l’existence de contre-pouvoirs plus ou moins structurés. Dans l’imaginaire collectif, les termes de fitna [« discorde », « désunion »] et de ridda [« rébellion », « révolte »] sont chargés de sens et la variété des interprétations dont ils font l’objet traduit une question centrale, non résolue : Au fond, que contestaient ceux qui prenaient le calame ou les armes ?

Les rameaux sunnite, kharijite et chiite n’ont pas développé le même type de rapport à l’autorité établie au sein des courants majeurs de leurs traditions respectives, le premier valorisant davantage le principe d’obéissance, en référence à un hadith. Un tel énoncé est cependant trop général pour traduire la variété des situations qui traversent les histoires des dynasties ayant régné depuis la côte ouest du continent africain jusqu’aux îles de l’Océan indien, y compris à l’ère des trois empires, ottoman, perse et moghol. À l’époque contemporaine, parce qu’ils sont fondés, de manière plus explicite, sur des logiques de distinction des ordres et de renforcement du pouvoir central, déterminées en partie par les cadres hérités de la colonisation, les États-nations provoquent l’émergence de contre-pouvoirs habités par des logiques inédites.

Le cycle de conférences publiques de l’année 2021-2022 sera l’occasion d’examiner, dans le temps long, les différentes modalités d’expression et d’organisation de ces contre- pouvoirs, qui paraissent comme autant de défis à une unité idéalisée.

  • Les mardis de 18h30 à 20h30 à l'auditorium du Pôle des langues et civilisations
  • Entrée libre. Passe sanitaire et masque obligatoires
05 oct 202118:30-20:30 Ibn Khaldûn, la tribu et la ville contre-pouvoirs de l'État
09 nov 202118:30-20:30 L’opposition au pouvoir dans le shi’isme imâmite à la période prémoderne : de la révolte armée au contre-pouvoir spirituel
07 déc 202118:30-20:30 Production et transmission de savoirs en dehors du cadre universitaire dans la Turquie d'aujourd'hui
04 jan 202218:30-20:30 S'opposer au padshah : contestation et répression en Inde moghole (XVIe-XVIIIe siècles)
01 fév 202218:30-20:30 Une siba urbaine ? Les prémices d'un mouvement constitutionnel au Maroc (1901-1962)
08 mar 202218:30-20:30 La rue, un contre-pouvoir à décrypter. Révoltes contemporaines sur la rive sud et est de la Méditerranée
05 avr 202218:30-20:30 Les oulémas chiites de la fin du XIXe siècle à nos jours : révolution et contre-pouvoir
10 mai 202218:30-20:30 Hirak, le renouveau de la contestation en Algérie
14 juin 202218:30-20:30 S'opposer en contexte autoritaire, retour sur le cas syrien

Ibn Khaldûn, la tribu et la ville contre-pouvoirs de l'État

Texte

Le mardi 5 octobre 2021, de 18h30 à 20h30

Par Gabriel Martinez-Gros, historien, professeur émérite, Université Paris-Nanterre

Rencontre à l'auditorium du Pôle des langues et civilisations et en direct sur la chaîne YouTube de la BULAC