http://www.bulac.fr/node/2007

Cycle « D’autres regards sur le monde » 2014-2016

Organisateur(s) :BULAC, BULAC

Le cycle « D'autres regards sur le monde » invite chercheurs et bibliothécaires à faire découvrir la richesse des collections en langues vernaculaires de la BULAC.

Cycle « D’autres regards sur le monde » 2014-2016

Tableau de correspondance entre les quatre éléments, les douze signes du zodiaque, les vingt-huit lettres de l'alphabet arabe et mansions lunaires. Pseudo-al-Būnī, Shams al-maʿārif [Le Soleil des connaissances]. Collection de manuscrits arabes de la BULAC, MS.ARA.572.

Quand : 21 octobre 2014 > 16 février 2016 Où : Auditorium du Pôle des langues et civilisations

De la catastrophe, que peut dire la littérature ?

Organisateur(s) :BULAC
Goya, Los desastres de la guerra, 1863

Goya, Los desastres de la guerra, 1863.

La BULAC propose une soirée consacrée à la littérature et à ses pouvoirs ou ses impossibilités pour dire la « catastrophe ».

Cette table ronde aborde la question de la « catastrophe », au sens d'événement totalitaire et génocidaire, pas forcément de nature guerrière mais qui résulte d'une violence politique intense et a pour visée l'extermination définitive des représentants d'une communauté.

La radicalité génocidaire et sa visée raciale, en particulier, placent les témoins dans une situation singulière : les membres de la collectivité visée ont la certitude d’être tous destinés à mourir (ou à survivre par miracle) et, qui plus est, à mourir pour rien. « S’ils survivent, c’est alors pour écrire », comme l’évoque Catherine Coquio. Cette caractéristique collective de l’événement catastrophique ouvrant sur l'écriture testimoniale est à l'origine d'un certain type de littérature. Sur une telle littérature, différentes approches s’opposent à travers de multiples notions : témoin, survivant, vérité, histoire, sujet, etc. Il y a ainsi deux pôles principaux : d’un côté, l'idée que la littérature instruit le « témoignage en catastrophe » en tant qu'acte littéraire mais aussi en tant que document historique, voire acte judiciaire, ce qui est une façon de lier la recherche en littérature aux sciences sociales. De l’autre côté, la littérature témoignerait précisément de l’impossibilité du témoignage face à l'événement catastrophique, car « la catastrophe, c’est la mort du témoin » et donc, « c’est aussi un crime sans vérité ».

Cette table ronde sera donc l'occasion d’écouter les intervenants échanger sur l'écriture de la « catastrophe ». Afin d'illustrer la question, la représentation de la catastrophe dans le roman arménien et dans le roman turc sera aussi abordée par des spécialistes.

Nos intervenants

Frédérik Detue
PICTO intervenant extérieur

Frédérik Detue est maître de conférences en littérature générale et comparée à l’université de Poitiers. Il est membre de l’équipe de recherche B3 « Esthétiques comparées » au sein du FoReLL (EA 3816).

Timour Muhidine
Timour Muhidine

Né à Koweït en 1959, Timour Muhidine suit des études à Lille, Manchester et Paris. Il enseigne actuellement la littérature turque, la traduction et l’histoire culturelle à l’Inalco. Spécialiste de la littérature du XXe siècle, il s’est intéressé à la production turco-allemande dans la période de l’immigration, tout d’abord turque et prolétarienne puis produite par la seconde génération, cette fois avant-gardiste et inscrite dans le courant principal des littératures de langue allemande.

Dernières publications :

  • Traductions Trois pièces de Karagöz, Actes Sud, 2015, Lettres à Taranta-Babu de Nâzım Hikmet, Emmanuelle Collas Ed., 2019.
  • Essai Istanbul rive gauche (Errances urbaines et bohème turque 1870-1980), CNRS éditions, 2019.