De la catastrophe, que peut dire la littérature ?

Organisateur(s) :BULAC

La BULAC propose une soirée consacrée à la littérature et à ses pouvoirs ou ses impossibilités pour dire la « catastrophe ».

Goya, Los desastres de la guerra, 1863

Goya, Los desastres de la guerra, 1863.

Quand : 24 janvier 2017 – 18h00 Où : Auditorium du Pôle des langues et civilisations

Cette table ronde aborde la question de la « catastrophe », au sens d'événement totalitaire et génocidaire, pas forcément de nature guerrière mais qui résulte d'une violence politique intense et a pour visée l'extermination définitive des représentants d'une communauté.

La radicalité génocidaire et sa visée raciale, en particulier, placent les témoins dans une situation singulière : les membres de la collectivité visée ont la certitude d’être tous destinés à mourir (ou à survivre par miracle) et, qui plus est, à mourir pour rien. « S’ils survivent, c’est alors pour écrire », comme l’évoque Catherine Coquio. Cette caractéristique collective de l’événement catastrophique ouvrant sur l'écriture testimoniale est à l'origine d'un certain type de littérature. Sur une telle littérature, différentes approches s’opposent à travers de multiples notions : témoin, survivant, vérité, histoire, sujet, etc. Il y a ainsi deux pôles principaux : d’un côté, l'idée que la littérature instruit le « témoignage en catastrophe » en tant qu'acte littéraire mais aussi en tant que document historique, voire acte judiciaire, ce qui est une façon de lier la recherche en littérature aux sciences sociales. De l’autre côté, la littérature témoignerait précisément de l’impossibilité du témoignage face à l'événement catastrophique, car « la catastrophe, c’est la mort du témoin » et donc, « c’est aussi un crime sans vérité ».

Cette table ronde sera donc l'occasion d’écouter les intervenants échanger sur l'écriture de la « catastrophe ». Afin d'illustrer la question, la représentation de la catastrophe dans le roman arménien et dans le roman turc sera aussi abordée par des spécialistes.

Nos intervenants

Marc Nichanian
PICTO intervenant extérieur

Marc Nichanian est né en 1946 à Paris, de parents originaires d'Asie Mineure émigrés en France au début des années 1920. Il a obtenu son doctorat de philosophie en 1979, à l’université de Strasbourg, avec Jean-Luc Nancy. Il a été maître-assistant en philosophie des sciences à l’université Louis Pasteur de Strasbourg jusqu’en 1995. Il fut professeur de langue et littérature arméniennes à UCLA (Los Angeles) en 1995-96, puis à Columbia University (New York) de 1996 à 2007, à Haygazian University (Beyrouth) en 2007-2008, et ensuite professeur invité à Sabanci University (Istanbul), dans le Département de cultural studies, jusqu’en 2015. Il est aujourd’hui professeur invité à l’Université américaine d’Arménie (Yerevan).

Frédérik Detue
PICTO intervenant extérieur

Frédérik Detue est maître de conférences en littérature générale et comparée à l’université de Poitiers. Il est membre de l’équipe de recherche B3 « Esthétiques comparées » au sein du FoReLL (EA 3816).

Krikor Beledian
PICTO intervenant extérieur

Krikor Beledian est un écrivain de langue arménienne, auteur de plusieurs livres de poèmes, de récits et d'essais littéraires. Il est maître de conférences à l'Inalco et professeur de patrologie et de littérature médiévale arméniennes à la faculté de théologie de Lyon. Son œuvre de fiction, étayée sur ses travaux de patrologie et de littérature médiévale, a largement contribué à renouveler la pratique de l’arménien moderne. Il est aussi l'un des principaux traducteurs de la poésie arménienne.

Timur Muhidine
Timour Muhidine

Timour Muhiddine est spécialiste de la littérature turque contemporaine, directeur de la collection « Lettres turques » chez Actes Sud. Il est chercheur associé à l'Institut Français d'Études Anatoliennes (IFEA). Il enseigne la littérature turque à l'Inalco. Il est aussi romancier et traducteur, notamment de Nedim Gürsel et de Ahmet Hamdi Tanpinar.