http://www.bulac.fr/node/2100

De la catastrophe, que peut dire la littérature ?

Organisateur(s) :BULAC

La BULAC propose une soirée consacrée à la littérature et à ses pouvoirs ou ses impossibilités pour dire la « catastrophe ».

De la catastrophe, que peut dire la littérature ?

Goya, Los desastres de la guerra, 1863.

Quand : 24 janvier 2017 – 18:00 > 20:30 Où : Auditorium du Pôle des langues et civilisations

Cette table ronde aborde la question de la « catastrophe », au sens d'événement totalitaire et génocidaire, pas forcément de nature guerrière mais qui résulte d'une violence politique intense et a pour visée l'extermination définitive des représentants d'une communauté.

La radicalité génocidaire et sa visée raciale, en particulier, placent les témoins dans une situation singulière : les membres de la collectivité visée ont la certitude d’être tous destinés à mourir (ou à survivre par miracle) et, qui plus est, à mourir pour rien. « S’ils survivent, c’est alors pour écrire », comme l’évoque Catherine Coquio. Cette caractéristique collective de l’événement catastrophique ouvrant sur l'écriture testimoniale est à l'origine d'un certain type de littérature. Sur une telle littérature, différentes approches s’opposent à travers de multiples notions : témoin, survivant, vérité, histoire, sujet, etc. Il y a ainsi deux pôles principaux : d’un côté, l'idée que la littérature instruit le « témoignage en catastrophe » en tant qu'acte littéraire mais aussi en tant que document historique, voire acte judiciaire, ce qui est une façon de lier la recherche en littérature aux sciences sociales. De l’autre côté, la littérature témoignerait précisément de l’impossibilité du témoignage face à l'événement catastrophique, car « la catastrophe, c’est la mort du témoin » et donc, « c’est aussi un crime sans vérité ».

Cette table ronde sera donc l'occasion d’écouter les intervenants échanger sur l'écriture de la « catastrophe ». Afin d'illustrer la question, la représentation de la catastrophe dans le roman arménien et dans le roman turc sera aussi abordée par des spécialistes.

Kalîla wa Dimna

Le fonds turc est l’une des plus anciennes collections de la bibliothèque, avec les fonds arabe et persan, puisque la langue turque a été la première enseignée, à partir de 1669, à l’École des Jeunes de langues orientales, puis à...

Le livre arménien : une culture en diaspora
26 octobre 2012 – 10:00 > 17:30

À l’occasion du 500e anniversaire du livre imprimé arménien, la BULAC organise une journée d’études sur le livre arménien et s’associe à l’exposition organisée par la Bibliothèque Mazarine.

Nos intervenants

Marc Nichanian
Marc Nichanian

Marc Nichanian est né en 1946 à Paris, de parents originaires d'Asie Mineure émigrés en France au début des années 1920. Il a obtenu son doctorat de philosophie en 1979, à l’université de Strasbourg, avec Jean-Luc Nancy. Il a été maître-assistant en philosophie des sciences à l’université Louis Pasteur de Strasbourg jusqu’en 1995. Il fut professeur de langue et littérature arméniennes à UCLA (Los Angeles) en 1995-96, puis à Columbia University (New York) de 1996 à 2007, à Haygazian University (Beyrouth) en 2007-2008, et ensuite professeur invité à Sabanci University (Istanbul), dans le Département de cultural studies, jusqu’en 2015. Il est aujourd’hui professeur invité à l’Université américaine d’Arménie (Yerevan).

Frédérik Detue
PICTO intervenant extérieur

Frédérik Detue est maître de conférences en littérature générale et comparée à l’université de Poitiers. Il est membre de l’équipe de recherche B3 « Esthétiques comparées » au sein du FoReLL (EA 3816).

Krikor Beledian
PICTO intervenant extérieur

Krikor Beledian est un écrivain de langue arménienne, auteur de plusieurs livres de poèmes, de récits et d'essais littéraires. Il est maître de conférences à l'Inalco et professeur de patrologie et de littérature médiévale arméniennes à la faculté de théologie de Lyon. Son œuvre de fiction, étayée sur ses travaux de patrologie et de littérature médiévale, a largement contribué à renouveler la pratique de l’arménien moderne. Il est aussi l'un des principaux traducteurs de la poésie arménienne.

Timour Muhidine
Timour Muhidine

Né à Koweït en 1959, Timour Muhidine suit des études à Lille, Manchester et Paris. Il enseigne actuellement la littérature turque, la traduction et l’histoire culturelle à l’Inalco. Spécialiste de la littérature du XXe siècle, il s’est intéressé à la production turco-allemande dans la période de l’immigration, tout d’abord turque et prolétarienne puis produite par la seconde génération, cette fois avant-gardiste et inscrite dans le courant principal des littératures de langue allemande.

Dernières publications :

  • Traductions Trois pièces de Karagöz, Actes Sud, 2015, Lettres à Taranta-Babu de Nâzım Hikmet, Emmanuelle Collas Ed., 2019.
  • Essai Istanbul rive gauche (Errances urbaines et bohème turque 1870-1980), CNRS éditions, 2019.