Domaine bulgare

Le domaine bulgare, ressuscité à la fin du XIXe siècle, offre un fonds représentatif de ce pays. Le bulgare est parlé par environ 8 millions de locuteurs.

Composé de 12 000 ouvrages et d’une dizaine de revues, ce fonds est constitué de la réunion de deux fonds complémentaires issus de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO) et de la bibliothèque du Centre d'études slaves (CES).

L’enseignement du bulgare à l’École des langues orientales débute en 1875 avec le cours de Louis Léger (1843-1923), mais celui-ci est véritablement officialisé lors de la création de la chaire de bulgare, en 1932. La bibliothèque de l’École possède alors des ouvrages en langue originale, principalement en linguistique et en géographie. Des dons, comme ceux de Léon Beaulieux (1876-1965), Roger Bernard (1908-1997) et du gouvernement bulgare, ont permis par la suite d'enrichir ce fonds. Grâce à des achats réguliers depuis les années 1990, la bibliothèque a pu acquérir environ 8 000 documents.

Fondée en 1924, la bibliothèque du Centre d’études slaves possède 4 000 ouvrages concernant le domaine bulgare. Cet apport fait de la BULAC un centre de documentation majeur sur les études bulgares.

Les ouvrages dans cette langue représentent plus de 80 % du fonds ; la littérature, l’histoire et la linguistique sont les points forts des collections bulgares, les sciences humaines et sociales sont des disciplines en cours de développement.

B"lgarski narodni prikazki/otborʺ i redakciâ Veličko Vʺlčev. Sofiâ : B"lgarski pisatel, 1954. Collections de la BULAC.

Issue du vieux bulgare, la langue bulgare moderne constitue la grande majorité du fonds. Cette langue slave influencée par des apports turcs s’est profondément modifiée au cours du Moyen Âge et ce jusqu’à la parution du livre de Petăr Beron, Abécédaire au poisson - Рибен буквар (1824) pour devenir la langue bulgare moderne parlée aujourd’hui.

Les bulgares restent très attachés à leur langue et à son écriture puisque le 24 mai, jour férié en Bulgarie, est célébrée la fête nationale de l’écriture.

En 1875, à l’arrivée de Louis Léger, la bibliothèque de l’École des langues orientales possède déjà des livres en bulgare (principalement de linguistique et de géographie), alors seul domaine slave représenté en langue originale à la bibliothèque. La Bulgarie faisant encore partie intégrante de l’Empire ottoman, c’est au titre de langue minoritaire de l’Empire que le bulgare rejoint alors les préoccupations des orientalistes français.

À partir de 1913, Léon Beaulieux (1876-1965) joue un rôle important dans la constitution du fonds bulgare en tant que secrétaire-bibliothécaire. Il donne notamment 857 volumes à la bibliothèque et est sans doute à l’origine de la cote [BUL] qui permet de regrouper tous les ouvrages en bulgare alors dispersés dans le fonds général. Le fonds bulgare doit aussi beaucoup à Roger Bernard (1908-1997) ; en qualité de membre de l’Académie des sciences de Bulgarie, il recevait régulièrement en don des publications qu’il retransmettait à la bibliothèque.

Jusqu’en 1990, le fonds bulgare est donc essentiellement alimenté par des dons car la diffusion commerciale du livre bulgare vers l’étranger est alors presque inexistante.

En effet, la Bulgarie était en butte aux mêmes problèmes que tous les pays en transition économique ayant subi les effets de l’après-socialisme soviétique et de sa disparition brutale. Le secteur du livre a particulièrement souffert de l'effondrement du système de distribution centralisée et de l’absence de véritable politique nationale.

Malgré cela, depuis 1994, l’Association du livre bulgare (Асоциация "Българска книга" (АБК) ) réunit des professionnels du livre (éditeurs, libraires, etc., qui représentent plus de 90 % de la production éditoriale bulgare) et œuvre pour une politique autour de la promotion du livre et de la lecture.

B"lgarski narodni prikazki/otborʺ i redakciâ Veličko Vʺlčev. Sofiâ : B"lgarski pisatel, 1954. Collections de la BULAC.

À la suite de l’abolition du monopole d’État en 1993, de nombreuses maisons d’éditions ont vu le jour. Mais leurs tirages moyens ayant rapidement chuté, celles-ci se sont tournées vers des produits plus rentables que le livre. La production bulgare s’élevait à 4 300 titres en 2010, avec une grande proportion dédiée aux traductions, aux fictions pour adulte et aux livres pour la jeunesse.

Mais le problème majeur du marché du livre en Bulgarie est son réseau de distribution, peu développé car peu attractif économiquement.

La production et la diffusion des publications scientifiques reviennent aux bibliothèques universitaires qui sont au nombre de 15 et qui sont à l’origine d’un programme de numérisation des communications savantes afin d’en donner accès à la communauté scientifique.

L’essentiel de la production éditoriale scientifique provient de la bibliothèque universitaire de la première université bulgare, l'université Saint Kliment Ohridski de Sofia, avec laquelle la BULAC entretient un système d’échanges très efficace. Les échanges garantissent l’obtention de collections scientifiques de qualité.

Les principaux axes de la recherche dans le domaine bulgare sont essentiellement consacrés à l’intégration de la Bulgarie dans l’espace européen, la géopolitique, l’intertextualité mais aussi dans le contexte plus large d’une approche interculturelle de la région des Balkans à ses problématiques inter-ethniques, historiques, religieuses littéraires et artistiques.

Si la recherche est principalement tournée vers les problèmes d’actualité, qu’ils soient géopolitiques ou linguistiques, le fonds bulgare de la bibliothèque est riche d’éditions anciennes et insolites conservées à la Réserve, et qui à elles seules constituent un sujet de recherche des plus passionnant.

 

 

 

Domaine bulgare (suite)

 

Les collections en magasins :

10 000 volumes communicables, dont les revues de plus de 10 ans.

Dans les collections de la Réserve sont réunis les ouvrages rares et précieux, consultables sous certaines conditions. Par exemple : Novyj Zavět" Gospoda našegô Ìisusa Hrìsta sega novo prevedennyj ot slavenskago na Bolgarskìj ezyk ot Neofỳta, Ìeromonaha P. P. Rylca[…]. Smỳrna : Tỳpografïi L. Damìánova, 1850.

Des revues en ligne et des bases de donnéesPar exemple : Dnevnik ; Central and Eastern European Online Library.

Chargé de collections pour le domaine bulgare : nicolas.pitsos [à] bulac.fr

Établissements fondateurs de la BULAC ayant contribué à la constitution du domaine bulgare : Sorbonne Nouvelle, INALCO, Paris-Sorbonne.

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

La Bulgarie danubienne et le Balkan : études de voyage, 1860-1880‎, F. Kanitz, Paris 1882, (détail) collection de la BULAC.
 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=978