Domaine hébraïque

Le domaine hébraïque présente la particularité d’avoir été constitué assez tardivement par rapport aux autres fonds relatifs au Moyen-Orient. L’hébreu moderne compte aujourd’hui 8 millions de locuteurs.

Le domaine hébraïque de la BULAC est constitué de plus de 18 000 ouvrages et d'une cinquantaine de revues. Il est issu des collections de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO). Les principales langues représentées dans les collections de la bibliothèque sont l'hébreu, le judéo-arabe, le judéo-espagnol et le yiddish.   

En 1936, l'hébreu moderne fait son entrée à l’École des langues orientales où il a rejoint d’autres langues sémitiques. La création du fonds, axé sur le monde juif au sens large date également de cette époque. À la suite de la création de l’État d’Israël, la documentation adopte naturellement une double orientation ; la première, relative au judaïsme de diaspora et la seconde, en lien au nouvel État. Les principales langues concernées sont représentées dans les collections de la bibliothèque que ce soit l'hébreu, le judéo-arabe, le judéo-espagnol ou le yiddish. 

L’histoire d’Israël et des communautés juives dans le monde, mais surtout en Europe centrale et dans les pays arabes, y est aussi très présente. La Réserve de la BULAC abrite le fonds ancien dont les ouvrages sont en hébreu, en yiddish et en ladino. Celle-ci recèle également, depuis 1956, le don particulièrement précieux constitué de la bibliothèque personnelle d’Abraham Danon, qui comprend 48 manuscrits hébreux réunis en Turquie à la fin du XIXe siècle.

L'édition en Israël. Malgré un contexte politique tendu, la vie culturelle israélienne est intense. La presse écrite est remarquablement dynamique. Dans le secteur du livre, les éditeurs sont nombreux et la vitalité de l’édition israélienne est comparable à celle des pays occidentaux. Quant à la littérature contemporaine israélienne, elle est à la fois vivace et largement traduite.

En Israël, environ 85 % des livres sont publiés en hébreu, les autres langues de publication sont principalement l’anglais, le russe et l’arabe. L’arabe est la langue des « Palestiniens de 48 » (populations palestiniennes restées sur le futur territoire israélien après la guerre de 1948) et d’une grande partie des Juifs originaires du Maghreb et du Moyen-Orient. Le russe est devenu la troisième langue du pays après la vague d’immigration venant de l’ex-URSS dans les années 90.

Plusieurs grandes maisons d’éditions « généralistes » coexistent dans le paysage éditorial. Parmi elles, les incontournables Kinneret Zmora-Bitan Dvir et Keter Sefarim , qui sont le résultat de la fusion d’anciennes entités distinctes, ou encore Yediot Sefarim, qui dépend du quotidien d’actualité Yediot Aharonot.

D’autres grandes maisons sont parties d’objectifs plus idéologiques. C’est le cas de Am Oved (« un peuple travaille »), fondée en 1942 par un des dirigeants du parti politique Mapaï et considérée comme un organe du premier syndicat ouvrier. Son orientation politique s’est aujourd’hui largement diluée.

Un autre exemple est celui de Hakibbutz hameuchad (« le kibboutz unifié »), maison fondée en 1940, qui centre au départ sa politique éditoriale sur la pensée « sioniste-socialiste » et le soutien à la démarche du kibboutz. Par la suite, elle oriente plus simplement ses collections sur la littérature israélienne, la littérature étrangère traduite et la littérature pour la jeunesse. Elle atteint rapidement le premier plan au niveau de l’édition de romans et de recueils de poésie, des essais d’actualité ou encore de la pensée juive.

Sur un parcours similaire, Sifriat Poalim (« la bibliothèque des ouvriers »), est fondée en 1939 par le mouvement sioniste de gauche et kibboutznik Shomer Hatzaïr. Commençant également comme branche culturelle d’un mouvement politique, elle élargie elle aussi considérablement son champ thématique. Ces deux dernières maisons d’éditions finissent même par fusionner en 2001 et deviennent Hakibbutz hameuchad - Sifriat Poalim.

Enfin, l’édition est composée à 30% de livres produits par des structures qui ne sont pas des maisons d’édition ou par des associations, des instituts, des musées, des institutions gouvernementales et des institutions éducatives.

Au-delà de ces évolutions d’orientation chez les éditeurs, les différentes mutations de la société israélienne se font aussi sentir chez les auteurs.

Une production éditoriale diversifiée. En effet, Israël a connu de très grands écrivains qui ont produit en quelques décennies une littérature extrêmement riche (Amos Oz, A.B. Yehoshua, Aharon Appelfeld et bien d’autres), et qui a constamment su se réinventer, comme en témoignent les auteurs dits de la « nouvelle génération ». Ces derniers bouleversent quelque peu les codes ; ils adoptent un style radicalement différent en utilisant les mots de tous les jours dans leurs écrits. C’est par exemple le cas d’Etgar Keret ou d’Orly Castel-Bloom. 

Enfin un autre type d’auteurs a fait parler de lui en brisant certains tabous. Suite à l’ouverture des archives israéliennes et britanniques portant sur les événements de 1948, les « nouveaux historiens » ont pu remettre en cause certains éléments importants de l’historiographie israélienne traditionnelle.

Le fonds hébreu de la BULAC s’applique à représenter toute la diversité et la complexité de l’histoire juive et de l’État d’Israël au travers de ses collections.

Ce fonds comporte principalement des textes de littérature médiévale et contemporaine. La religion, l’histoire, la géographie et la linguistique en sont les autres disciplines-phares.

Cet ensemble permet désormais de compléter les fonds des autres bibliothèques parisiennes spécialisées dans cette aire culturelle grâce à la diversité des documents et des disciplines qui y sont rassemblés, que ce soit dans les études anciennes et classiques ou dans les études modernes et contemporaines.

Aujourd’hui, nos collections s’orientent particulièrement vers l’hébreu moderne et biblique, la littérature moderne et la linguistique, l’histoire et la pensée juive. La documentation est à 60 % en hébreu et le reste en langues occidentales.

En raison de la particularité de ce fonds, la documentation est répartie sous deux cotes distinctes dans les salles de lecture. D’abord une cote « classique », qui renvoie à un État ou une région : ici 23IL pour l’État d’Israël, sous laquelle sont regroupés la littérature moderne, des essais sur le société israélienne, le conflit israélo-palestinien, le sionisme, des dictionnaires d’hébreu moderne etc.

Ensuite le 23XH, soit l’ « aire hébraïque », qui concerne l’histoire juive en Europe et dans le monde arabo-musulman, la philosophie juive, les langues juives, la littérature médiévale, l’histoire ancienne d’Israël, l’hébreu ancien et l’ancien testament.

Les collections en magasins :

14 000 volumes communicables, dont les revues de plus de 10 ans.

Dans les collections de la Réserve sont réunis les ouvrages rares et précieux, consultables sous certaines conditions. Par exemple : Die handschriftlichen hebräischen Werke der K.K. Hofbibliothek zu Wien. Wien : K.K. Hof- und Staatsdruckerei, 1847.

Des revues en lignes. Par exemple : Jewish Quarterly Review ; Encyclopedia of Jews in the Islamic World ; Yod (revues.org)

Chargé de collections pour le domaine hébraïque : jeremie.allouche [à] bulac.fr

Établissements fondateurs de la BULAC ayant contribué à la constitution du domaine hébraïque : Sorbonne Nouvelle, INALCO.

 

Les acquisitions en hébreu et yiddish en 2013

Pour accéder à cette sélection, rendez-vous sur le Carreau de la BULAC.

Les acquisitions en langues occidentales en 2013

Pour accéder à cette sélection, rendez-vous sur le Carreau de la BULAC.

 


Rejoignez-nous


Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=1017