Publié : 19/12/2022, mis à jour: 11/01/2023 à 10:49
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Domaine persan

Le domaine persan s’étend sur un espace situé entre le Moyen-Orient et l'Asie centrale et couvre l'Iran, l'Afghanistan, le Tadjikistan, ainsi que le Kurdistan, l’Azerbaïdjan du Sud et le Baloutchistan. Il concerne quatre langues : le persan, le kurde, le pashto et le tadjik, appartenant toutes au groupe des langues indo-iraniennes. Le persan, langue officielle de l’Iran, est parlé par 120 millions de locuteurs dans le monde. Le fonds persan de la BULAC est constitué des collections de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO) et de la bibliothèque James-Darmesteter, de l’Institut d'études iraniennes (aujourd’hui Centre de recherche sur le monde iranien - CeRMI).

Recueil de poèmes Divan-i Hafiz

Recueil de poèmes du poète persan Hafez, Le Divân. حافظ ,دیوان حافظ | Ḥāfiẓ-i Šīrāzī, Divan-e Hafez [fin du XVIe siècle]. Collections de la BULAC, MS.PERS.29. Document numérisé disponible sur bina.bulac.fr

La collection

Historique du fonds persan James-Darmesteter

L’histoire de la bibliothèque James-Darmesteter est étroitement liée à celle de l’Institut d’études iraniennes (IEI), fondé en 1947 par Louis Massignon (1883-1962). À cette époque, l’enseignement du persan à l’École des langues orientales était concentré sur l’apprentissage de la langue sur une durée de trois ans. Il y avait, d’autre part, à la IVe section de l’École pratique des hautes études (EPHE) en Sorbonne, un séminaire de langues iraniennes anciennes assuré par Émile Benveniste (1902-1976) et, à la Ve section, un séminaire sur les religions iraniennes pré-islamiques animé par Jean de Menasce (1902-1973). La vocation de l’IEI pour l’enseignement n’était alors pas encore tout à fait affirmée.

En 1951, Gilbert Lazard (1920-2018), linguiste et iranologue, dont les travaux se partagent entre l'étude des langues iraniennes et des traductions de la poésie persane, est chargé de constituer une bibliothèque d’iranologie, qui sera hébergée dans une annexe du musée Guimet. Regroupant à ses débuts une dizaine d’ouvrages (dont une édition du Shahnameh de Ferdowsi) offerts par Henri Massé (1886-1969), alors administrateur de l’École des langues orientales, le fonds a par la suite été développé par Jean de Menasce, tout en intégrant la collection de James Darmesteter (1849-1894), déposée jusqu’alors à l’Institut Pasteur, ainsi que le fonds Henry Viollet (1880-1955).

Il s’est ensuite enrichi des bibliothèques de deux autres chercheurs, Marijan Molé (1934-1963) et André Maricq (1925-1960), tandis que l’université de Téhéran envoyait régulièrement des exemplaires de ses publications. Les fonds de la bibliothèque se sont ainsi peu à peu constitués, sans l’appui de personnel dédié.

À la mort de Louis Massignon, en 1962, Émile Benveniste est nommé directeur de l’IEI pour lequel il obtient, vers 1966-1967, un local de deux pièces à la Maison de l'Asie, située avenue du Président Wilson. La bibliothèque, qui compte alors quelques milliers de livres, est installée dans les sous-sols, comme les bibliothèques d’autres instituts. Après 1969, lors de la partition de l’université de Paris, l’Institut d’études islamiques, l’Institut d’études turques et l’Institut d’études iraniennes sont intégrés à l’université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle, sans que leur vocation et leurs activités en soient modifiées.

La bibliothèque James Darmesteter

La bibliothèque James Darmesteter, Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle

En 1977, Gilbert Lazard, devenu secrétaire de l’IEI, obtient des locaux au sein du centre Censier. L’Institut et sa bibliothèque commencent alors à se développer véritablement. À partir de cette date et jusqu'en 2011, la bibliothèque James-Darmesteter est gérée par l’UMR 7528 Monde Iranien. C’est durant cette période, en 2010 précisément, que Gilbert Lazard fait don de sa riche bibliothèque.

En 2011, suite à une convention de dépôt signée entre l’université Sorbonne-Nouvelle, le CNRS et le GIP BULAC, les 28 000 monographies et 350 titres de périodiques de la bibliothèque James-Darmesteter intègrent la nouvelle BULAC. Ce fonds représente un ensemble unique en France de documents sur l’Iran ancien, la BULAC étant la seule bibliothèque spécialisée dans ce domaine. Outre une riche documentation dans le domaine de l’histoire et des sciences sociales, on y trouve quelques fonds d’archives concernant les travaux de plusieurs érudits, des fonds iconographiques et des manuscrits.

Double page enluminée avec encadrement rouge, bleu et or

Double page enluminée d'une version luxueuse d'un Coran de l'époque qajar (1279H/1862-1863). Collections de l'IEI déposées à la BULAC, MS IEI.1.

Double page richement enluminée à l'or

Double page enluminée d'une version luxueuse d'un Coran de l'époque qajar (1279H/1862-1863). Collections de l'IEI déposées à la BULAC, Ms IEI.1.

Historique du fonds persan de la BIULO

Pour donner une idée générale de l’histoire du fonds persan de la BIULO, il est nécessaire d’avoir une vue d’ensemble de l’histoire de l’École des langues orientales et de sa bibliothèque qui ont fait partie d’un même établissement jusqu’en 1945. À compter de cette date, la bibliothèque est rattachée administrativement à la Direction des bibliothèques de France, au sein du ministère de l’Éducation nationale. Parallèlement, le fonds persan connaît un destin lié aux changements politiques en Iran ainsi qu’à l’évolution de l’iranologie.

Instituts politiques et militaires de Tamerlan

Double page de titre de l'ouvrage Instituts politiques et militaires de Tamerlan, proprement appelé Timour, écrits par lui-même en mogol, 1787. Collections de la BULAC, BIULO HI.IV.4.

Plusieurs titulaires de la chaire de langue persane, créée dès la fondation de l’École des langues orientales en 1795, ont contribué à l’éclat de ce fonds. Les noms de Langlès, Quatremère, Schefer et Massé, en particulier, ont laissé une empreinte notable. Louis Langlès (1763-1824), a été le premier administrateur et promoteur de l’École. Parmi ses nombreuses publications, qu'on retrouve au sein du noyau historique de la bibliothèque constitué avant 1874 (« Ancien fonds »), on peut notamment citer la traduction qu’il a faite en 1787 des Institutions politiques et militaires, de Timur Lang (Tamerlan), ainsi qu’une réédition du Voyage en Perse de Chardin. Antoine-Léonard de Chézy (1773-1832), son successeur, est notamment connu pour la traduction d’une épopée composée par Jami au XVe siècle. Il est remplacé à sa mort par Étienne Quatremère (1782-1857), qui occupa la chaire de persan pendant trente ans. Ses travaux sur l’histoire des Arabes et de la Perse, ses éditions critiques et ses traductions de textes persans et arabes restent, aujourd'hui encore, d’indispensables ouvrages de référence.

En 1867, l’iranisant Charles Schefer (1820-1898) est nommé à la tête de l’École. Il sera le véritable créateur de la bibliothèque des langues orientales, qu’il installe en 1874 au 2 rue de Lille (Paris 7e), avec 3 206 ouvrages, dont 150 titres persans, soit 4,70 % d’un ensemble par ailleurs composé à 58 % d’ouvrages en langues occidentales. Schefer tisse un réseau de correspondants à travers le monde, qui achètent au fur et à mesure de leur parution les ouvrages susceptibles d’intéresser la bibliothèque. Dons, achats et échanges n’ont dès lors cessé d'enrichir le fonds.

Medjnoun et Leila : poème

Double page de l'ouvrage Medjnoun et Leila : poème traduit du persan de Djamy, Paris, [s.n.], 1805. Collections de la BULAC, BULAC RES MON 8 1433.

Pour la période comprise entre 1900 et 1915, qui correspond à la Révolution constitutionnelle iranienne (1905-1911), la BULAC a acquis et reçu environ une quarantaine de titres sur l’histoire du pays. Le domaine persan s’est également enrichi des archives personnelles d’Alphonse Nicolas (1864-1939), consul de France à Tabriz de 1907 à 1916. Ce fonds, de plus d'un millier de documents, constitue une source d’informations et de réflexions originales sur cette période mouvementée que fut la révolution constitutionnelle iranienne, l'occupation russe et la Première Guerre mondiale en Azerbaïdjan iranien.

Le fonds persan sera ensuite rénové par Henri Massé, élu professeur de persan à l'École en 1927 où il exercera durant plus de trente ans. C’est suite à un séjour de six mois en Iran, réalisé entre 1931 et 1932 dans le cadre d’une mission du ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, qu’il entreprend la rénovation du fonds. Mais il faut attendre la période de démocratie relative, entre la chute de Reza Chah et le coup d’État contre Mosaddeq en 1953, pour assister à un accroissement notable du nombre de livres entrés à la Bibliothèque.

Le régime du Mohamad Reza Chah, pratiquant une politique d’ouverture vers l’Occident, a largement favorisé les échanges culturels avec ces pays. Après 1965, les autorités culturelles iraniennes font des dons réguliers de nombreuses collections et monographies dans les domaines littéraire, historique, religieux, linguistique et artistique. Par ailleurs, à compter de cette même date, le fonds persan est pour la première fois pris en charge par un spécialiste. 1 414 titres ont ainsi été acquis entre 1955 et 1979, soit environ 57 titres par an.

À partir de 1979, avec la Révolution islamique, la plupart des monographies et périodiques cessent de paraître. Pendant deux à trois ans, des difficultés de toutes sortes empêchent la bibliothèque de recevoir des ouvrages en provenance de l’Iran. Mais depuis la fin des années 1980, une certaine ouverture politique du gouvernement iranien a favorisé l’émergence de nouvelles maisons d’édition. En parallèle, la diaspora intellectuelle contribue également à dynamiser l'édition en persan dans les pays où elle s'est exilée. Ainsi, des années 1990 jusqu'à l'ouverture de la BULAC, le nombre d'acquisitions annuelles en langue persane a connu une croissance soutenue.

À l'ouverture de la BULAC, en 2011, les fonds persan, kurde et pashto de la BIULO représentent plus de 9 000 titres dans ces trois langues, regroupés dans les cotes linguistiques « BIULO KUR », « BIULO PAC » et « BIULO PERS ». L’ensemble des livres, hors cotes de langues (cotes « GEN »), était estimé à plus de 5 000 titres. Au total, la BIULO possédait donc plus de 14 000 titres imprimés sur le monde iranien, auxquels s’agrègent également 190 manuscrits et une belle collection d’imprimés anciens, notamment des lithographies, réalisés en Iran et en Inde entre 1840 et la Première Guerre mondiale.

Exposition Gilbert Lazard, un siècle d'études iraniennes

Le linguiste Gilbert Lazard a fait don en 2010 d’une partie de sa bibliothèque personnelle à l’Institut d’études iraniennes (IEI). Ce successeur d’Émile Benveniste à l’École pratique des hautes études (EPHE) et membre de l’Académie des...

aria Szuppe et Bernard Hourcade

À travers cet entretien, Maria Szuppe retrace notamment l'histoire du Centre de recherche sur le monde iranien (CeRMI), une UMR du CNRS, qu'elle dirige depuis janvier 2020. Elle revient sur ses principaux jalons, à partir de la création...

Axes thématiques du fonds

Depuis 2011, la pratique d’acquisitions s'est alignée sur la politique documentaire de la BULAC, tant du point de vue de la répartition des thématiques abordées que des lieux de publication des documents. Les axes majeurs de développement du fonds persan ont ainsi été déterminés en réponse aux besoins d'un public principalement constitué de chercheurs, d'enseignants et d'étudiants de niveau master ou doctorat.

Langues anciennes

Zend-Avesta

Page extensible de l'ouvrage Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre contenant les idées théologiques physiques & morales de ce législateur, les cérémonies du culte religieux qu'il a établi & plusieurs traits importans relatifs à l'ancienne histoire des Perses, A Paris, chez N.M. Tilliard., M. DCC. LXXI, de l'imprimerie de la Veuve Simon & fils, 1771. Collections de la BULAC, BULAC RES MON 4 2660.

Il s’agit de l’ancien et du moyen iranien, regroupant l’avestique, le vieux perse, le pehlevi, le sogdien, le bactrien… Les ouvrages anciens composent la base historique de cet ensemble de collections, celle-ci ayant été constituée par les fondateurs tutélaires de la bibliothèque qui étaient linguistes pour l’essentiel. Cette partie du fonds comprend par exemple des éditions rares, parfois uniques en bibliothèques universitaires, telles que l'Avesta d'Anquetil-Duperron. De nombreux ouvrages concernant les religions pré-islamiques (mazdéisme, mithraïsme...) viennent compléter cette partie remarquable des collections.

Histoire pré-islamique, médiévale et contemporaine

L’histoire pré-islamique correspond à l’histoire de la Perse antique pré-achéménide, jusqu’à l’invasion arabe du VIIe siècle. Ce domaine chevauche celui de l’art et de l'archéologie, qui constitue un autre axe thématique important de la collection, et comporte de nombreuses publications anciennes. Le noyau de ce fonds a été constitué par Jean de Menasce (spécialiste de l’Avesta, en tant que linguiste et historien des religions).

Pour l’histoire de l'Iran du VIIe au XVe siècles, la bibliothèque dispose de beaucoup de sources originales, notamment en textes arabes. Les sources concernant les débuts de l’époque arabe (VIIe-IXe siècles) sont bien représentées tant en textes originaux qu’en traductions. Pour ce qui concerne la période mongole et timouride (XIIIe-XVe siècles), les collections sont malheureusement parfois plus lacunaires. Les sources en persan et les analyses en toutes langues portant sur la période safavide (XVIe-XVIIIe siècles) constituent quant à elles un ensemble particulièrement riche. La BULAC possède par ailleurs un grand nombre de publications en russe à ce sujet (sources et analyses).

Ce fonds historique est ainsi riche en ouvrages de référence, en particulier en ce qui concerne les documents publiés dans les années 1950-1970, qui constituent une mine pour les chercheurs sur l'histoire de l'Iran. Mais de nouveaux domaines restent à compléter, notamment pour l'Asie centrale, afin de poursuivre son enrichissement.

La composition des collections relatives à l'histoire contemporaine iranienne, de 1925 à l’avènement de la République islamique (1979), a étroitement suivi la politique éditoriale iranienne, largement censurée à l'intérieur du pays mais très développée dans les milieux universitaires, notamment anglo-américains, ce qui explique le foisonnement des publications d’ouvrages de recherche en anglais. Depuis la révolution de 1979, compte tenu de l'effervescence de la production éditoriale sur l'Iran, tant en Iran qu’à l’étranger, il devient difficile de maintenir les acquisitions au rythme des publications. En parallèle, d'autres bibliothèques parisiennes développent également leurs collections sur l'Iran, comme la bibliothèque de Sciences Po, dont le domaine persan s’est enrichi de nombreuses références en langues occidentales.

Sciences sociales

Les ouvrages relatifs à la sociologie, l’ethnologie, l’économie, la géographie et le droit n’ont pas constitué un axe de développement particulier de la collection pendant de longues années. Ces domaines de recherche ont toutefois connu un véritable essor dans le champ des études menées sur l’Iran depuis les années 2000, à l’étranger comme en France. Depuis, le fonds persan de la BULAC s’enrichit d’ouvrages couvrant ces champs disciplinaires.

Littérature classique et moderne

Le fonds couvre la littérature classique iranienne du VIIe siècle à la fin du XIXe siècle. Il est particulièrement riche en éditions de textes originaux, sauf pour le XIXe siècle, et rassemble les éditions les plus importantes des auteurs classiques réalisées en Iran et à l’étranger. Pour certains auteurs classiques – tels Ferdowsi, Sa’adi, Hafez, Rumi, etc. –, la BULAC dispose d’un fonds très complet comprenant des éditions variées et des analyses en différentes langues.

Les collections de littérature iranienne moderne du XXe siècle comprennent de la prose et de la poésie. Historiquement, les achats prioritaires en persan concernaient les ouvrages d'analyses littéraires, ainsi que ceux des auteurs les plus reconnus, et faisaient l'impasse sur une bonne part de la production littéraire contemporaine. Après l'ouverture de la BULAC en 2011, l'accent ayant été mis sur les acquisitions dans ce domaine, les collections sont désormais également représentatives de la création littéraire contemporaine iranienne.

Et depuis 2016, les ouvrages en langue persane des écrivains iraniens de la diaspora viennent également enrichir ces collections. Par ailleurs, d'autres lacunes ont pu être comblées en 1999, grâce à un don important de la Maison de l'Iran (Fondation Avicenne) de la Cité universitaire internationale de Paris.

Religion (islam, chiisme, soufisme) et philosophie

Le fonds sur l'islam est principalement constitué d'ouvrages sur le chiisme et le soufisme, les deux courants majoritaires en Iran. En ce qui concerne le chiisme, les achats ont été suivis de manière ponctuelle, le domaine étant une spécialité de la Bibliothèque des sciences religieuses de l’EPHE. Le soufisme, étant étroitement lié à la littérature soufie, une matière régulièrement enseignée, est un domaine bien représenté, très riche en sources et analyses, aussi bien en persan qu’en langues occidentales. Le fonds rassemble également un nombre non négligeable d’ouvrages sur les sectes et confréries issues de l’Islam, comme par exemple les Ismaélites, ou les Baha’is.

L’histoire des sciences et la philosophie sont deux domaines très liés pour la période classique à partir du VIIe siècle. Le fonds est riche en éditions en persan. Dans ce domaine, et pour la période classique, de nombreux penseurs iraniens écrivaient en arabe  leurs textes ont alors été acquis en traduction persane.

Archéologie, art, cinéma

Les fouilles archéologiques en Iran ont été réalisées essentiellement par des archéologues français, dont les publications sont conservées à la BULAC. Pour l’histoire de l’art, la bibliothèque a été enrichie par le don d’environ 300 ouvrages par André Godard (1881-1965), ancien directeur du Musée national d’Iran. La BULAC possède également un fonds audiovisuel relativement conséquent sur le cinéma iranien, dont la reconnaissance internationale depuis les années 2000 fait écho à son essor réel en Iran. À noter, enfin, que depuis 2011, les domaines de l’art et de l’archéologie en Iran sont en priorité suivis par l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) qui reçoit des dons d’institutions iraniennes.

Périodiques

La bibliothèque souscrit à 40 abonnements courants de revues académiques sur le monde iranien. 300 publications anciennes viennent s’y ajouter, parmi lesquelles la BULAC conserve une collection exceptionnelle de titres de revues datant de la période de la guerre entre l’Iran et l’Irak (1981-1987), ainsi que quelques titres publiés par la diaspora iranienne. Actuellement, les parutions des revues et titres de presse demeurent très irrégulières, ces derniers fluctuant au gré de la censure et des changements politiques.

Salām

Pages de titres du périodique سلام | Salām. Collections de la BULAC, 23IR SAL.

Fonds d’archives personnelles

Le fonds persan de la BULAC est également composé d’un ensemble d’archives personnelles de chercheurs qui ont activement pris part aux travaux menés en France sur le monde iranien au milieu du XXe siècle. L'inventaire de ces fonds a été réalisé en collaboration avec des chercheurs qui ont participé au travail de description et de conditionnement permettant de conserver désormais ces archives dans des conditions favorables.

Fonds André Maricq (1925-1960)

Cet archéologue a travaillé sur l’Afghanistan préislamique et les langues iraniennes. Son fonds est composé de livres, de tirés à part, de microfilms, d’empreintes de sceaux et d’inscriptions rupestres. Des originaux de sceaux ont été déposés, avec l’accord de M. Maricq, au Cabinet des médailles de la BnF, qui conserve également certains manuscrits. Ce fonds, constitué de plus de quinze cartons, a été inventorié grâce au travail minutieux de Delphine Poinsot, alors doctorante à l'EPHE. L’inventaire comporte 67 pages.

Fonds Jean de Menasce (1902-1973) et Marijan Molé (1924-1963)

L’inventaire de ce double fonds en 2016 a fait l'objet d'un billet sur le Carreau de la BULAC.

Fonds Henry Viollet (1880-1955)

Tombeau d’Imam Dor

Tombeau d’Imam Dor, photographie et croquis. Fonds Henry Viollet. Droits réservés.

Chef-d'œuvre de l’architecture islamique médiévale, visité par H. Viollet pendant son deuxième voyage en Irak. Ce mausolée, construit au XIe siècle, était couvert par un tambour octogonal sur lequel s'élevait un dôme à muqarnas en stuc. Ce procédé de couverture est l'un des premiers de ce type que l’on rencontre en Irak.

L’édifice a été détruit par l’État islamique en octobre 2014.

Henry Viollet est un architecte qui voyagea en Iran entre 1911 et 1913. Ce fonds se compose notamment d’une collection précieuse de photographies sur plaques de verre, prises entre 1911 et 1913 et représentant des bâtiments anciens d’Irak et d’Iran, en partie disparus aujourd’hui. Le reste du fonds a été acheté à la galerie Soustiel. Il s’agit de carnets de route et de croquis architecturaux réalisés de la main d’Henry Viollet, relevés en Irak et en Iran, ainsi que de photographies sur papier. Le travail de numérisation a été effectué en 2000 pour les plaques de verres et les films concernant la Perse (8 cd-rom de haute densité réalisés par un laboratoire spécialisé). Ce travail a été réalisé grâce à des crédits « projets innovants » attribués par l’université Sorbonne-Nouvelle, sous l’égide de Marine Fromanger. En 2021-2022, la sauvegarde, la valorisation et l’exploitation scientifique de ces sources numérisées fait l’objet d’une résidence de chercheur lauréate d’un appel du GIS CollEx-Persée.

Portrait de Martina Massullo

Le patrimoine architectural en pays d’Islam dans le fonds iconographique Henry Viollet


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A.-L.-M. Nicolas (1864-1939)

Il s’agit du fonds d’archives personnelles d’Alphonse Nicolas, consul de France à Tabriz au début du XXe siècle. Plus de 700 folios furent légués par l’un de ses héritiers à la bibliothèque James-Darmesteter. Les premiers travaux d’analyse et l'inventaire ont été réalisés dans les années 1990. L’inventaire complet de ce fonds a par ailleurs fait l'objet d'un mémoire de Master rédigé en 2018 par Charles Garnier. Un bref aperçu de ce fonds sur la plateforme Defter.

Le monde de l’édition en Iran

Le monde de l’édition en Iran a toujours été très fortement tributaire de la situation politique intérieure. Si une période de permissivité avait pu être observée dans le domaine de l’édition après la chute des Pahlavis (1979), celle-ci a depuis été constamment mise à mal par les gouvernements successifs.

Depuis la révolution et l'instauration de la République islamique, le Bureau du livre, une instance spécifique dépendant du ministère de la Guidance islamique, a été créé pour passer au crible le contenu de tous les ouvrages avant publication. Les maisons d'édition reçoivent ensuite la liste des passages à remplacer ou à supprimer pour obtenir une autorisation de publication. Le mot « censure », qui n'est jamais prononcé en Iran, est couramment remplacé par le terme « audit ». Les critères de cette censure, quant à eux, varient selon les autorités au pouvoir.

Mais l’édition en Iran reste malgré tout très prospère et a permis de poursuivre une politique d’acquisition de niveau académique, que ce soit dans les domaines de la littérature, de l'histoire ou de la religion. Le marché du livre iranien est en plein essor, le nombre de titres publiés en littérature continue de croître, de même que pour les parutions dans les domaines du théâtre, de la musique, de l'histoire ainsi que les biographies (pour les sujets portant sur la période antérieure à la République islamique), les mœurs, coutumes et langues locales.

Quelques chiffres dans ce domaine donnent un aperçu des évolutions quantitatives et qualitatives de la production éditoriale en Iran. Selon le ministère de la Guidance islamique, plus de 220 000 titres ont été publiés entre 2013 et 2015. Avec une moyenne de 75 000 titres par an, la production est en nette progression par rapport aux années précédentes : 15 000 titres en 1999 et environ 20 000 en 2002.

En 2018, environ 101 000 titres ont été publiés en Iran (dont 61 000 titres en première édition, soit 62 % de la production). La traduction tient une part importante des publications (25 % de l'ensemble). La population de l'Iran étant très jeune (47 % des 82 millions habitants ont moins de 30 ans), la part de l'édition des livres scolaires est très conséquente parmi les publications de première édition (27 %). Les livres pour enfants occupent la deuxième place avec 22 % des parutions. Si le nombre des titres publiés en Iran est en constante hausse, leur tirage est de plus en plus réduit, 31 % de cette production étant tirée à moins de 500 exemplaires.

Cet ensemble de données oblige à adapter les choix d’acquisitions en fonction des domaines disciplinaires. Par exemple, les collections sur l'histoire moderne iranienne ou l'islam proviennent davantage de publications académiques anglo-américaines ou de la diaspora iranienne.

L’édition en langue persane à l'étranger

La publication à l'étranger de textes politiques ou de littérature engagée est une tradition très ancienne, bien antérieure à l'avènement de la Révolution de 1979. Sous le régime des Pahlavis, un nombre important de ces publications était réalisé à Moscou ou à Pékin. Avec la Révolution islamique et les règles de censure très strictes imposées par le nouveau régime, et depuis l'effondrement de l'URSS, les exilés iraniens sont parmi les producteurs les plus prolifiques d'Europe et d'Amérique du Nord. Au fil du temps, la production politique et engagée a été remplacée par la publication de livres de philosophie, d'histoire, de fiction ou de poésie.

Une part de la production de la diaspora iranienne échappant aux circuits habituels de distribution, son acquisition reste difficile. Mais depuis 2016, en s'appuyant sur les compétences d'un fournisseur spécialisé, la BULAC parvient à capter une partie de ces publications.

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Marine Defosse
Responsable adjointe du pôle Développement des collections, chef de l'équipe AMOMAC et chargée de collections pour le domaine Afrique
marine.defosse@bulac.fr