Publié : 26/03/2021, mis à jour: 18/05/2022 à 17:53
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Domaine russe

La langue russe comptait en 2017 plus de 250 millions de locuteurs dans le monde. Le domaine russe de la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) offre aux slavisants un ensemble documentaire de référence. Le fonds russe de la BULAC se compose de 130 000 ouvrages et de 150 revues, qui couvrent toutes les langues du domaine russe. Il s’agit d’un des fonds les plus riches d’Europe, dont près de 10 500 volumes sont en libre accès. Il se compose de fonds issus de plusieurs bibliothèques : la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO), la bibliothèque de la Sorbonne (fonds slave), la Bibliothèque juridique de l’Europe centrale et orientale (BJECO), développée par le Centre d’études et de coopération juridique interdisciplinaire (CECOJI), ainsi que les dépôts du Centre d’études sur le Caucase et l’Europe centrale et de l’Institut d’études slaves. Le fonds s’est également enrichi grâce aux dons de plusieurs bibliothèques personnelles de chercheurs, de collectionneurs, de figures intellectuelles de l’émigration russe en France et d’érudits. Les thématiques abordées dans cet ensemble de collections sont la littérature, la linguistique, l’archéologie, l’art et l’histoire de la Russie moderne, ainsi que le paléolithique sibérien.

Velikoknâžeskaâ i carskaâ ohota na Rusi

Nikolaj Ivanovič Kutepov, Velikoknâžeskaâ i carskaâ ohota na Rusi  : sʺ X po XVI věkʺ., S.-Peterburgʺ : Èkspedicìâ zagotovlenìâ gosudarstvennyhʺ bumagʺ, 1896.

La collection

Исторiя и Памятники Византiйской Эмали

Исторiя и Памятники Византiйской Эмали : Собранiе А. В. Звенигородскаго. С.-Петербург, 1892.

Composé de 130 000 ouvrages et de 150 revues, couvrant toutes les langues du domaine russe (avec une nette prédominance du russe), ce fonds est l’un des plus riches d’Europe. Plus de 13 600 titres parus avant la révolution d'octobre 1917 en constituent la partie patrimoniale, dont près de 200 ouvrages publiés avant 1800. Le secteur éditorial en russe de l’époque soviétique (1917-1991) y est représenté par plus de 86 000 titres, livres et périodiques confondus. Environ 16 000 titres en russe et en langues nationales couvrent les aires géographiques des républiques soviétiques hors de la Russie. Enfin, près de 26 000 titres en russe acquis par la BULAC sont parus entre 1992 et 2020.

Pendant sa période de préfiguration, la BULAC a réuni des collections provenant de plusieurs bibliothèques : la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (cotes « BIULO »), le fonds slave de la Bibliothèque de la Sorbonne (cotes « SORBO SLAVE »),  la Bibliothèque juridique de l’Europe centrale et orientale (cote « BJECO ») développée par le Centre d’études et de coopération juridique interdisciplinaire (CECOJI), et des dépôts de l’Institut d’études slave (cotes « CESLA »). Près de 10 500 volumes sont en libre accès dans les salles de lecture sous la cote « 14RU ».

Collections russes en libre-accès

Collections russes en libre-accès (Maxime Ruscio / BULAC). 

Les collections issues de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales

Reliures d'ouvrages des collections russes

Сочиненiя Пушкина. С.-Петербург, 1899.

L’enseignement du russe commence en 1874 à l’École des langues orientales, avec Louis Léger. Pour ses enseignements, 200 ouvrages et brochures en russe sont réunis, traitant essentiellement de ce que l’on appelle alors « l’orientalisme ». À cette époque,  le fonds russe commence à se constituer par le biais d’un réseau de correspondants situé en Russie.

Dès la création de l’Institut d’études orientales Lazareff, à Moscou, la bibliothèque de l’École des langues orientales s’intéresse à leur production éditoriale. C’est Paul Boyer (1864 – 1949), professeur de russe de 1891 à 1936, administrateur de l’École et responsable de la bibliothèque à partir de 1908, qui est à l’origine d’un développement important des collections russes, grâce à une politique de dons ambitieuse et à l'acquisition soutenue de nombreux ouvrages. Ces dons réguliers sont notamment favorisés par l’historien de la Russie et ministre de l’Instruction publique, Alfred Rambaud, et à d'éminents slavistes et professeurs de russe, tels que Louis Léger ou André Mazon.

La bibliothèque personnelle d’Ivan Stchoukine est un exemple de don exceptionnel représentant une collection à part entière. Plus de 4 700 volumes, principalement publiés en Russie au XVIIIe et XIXe siècles, sont ainsi entrés à partir de 1896, de même qu’une vente posthume est venue compléter cet ensemble, en 1908. Les thématiques très variées de ces ouvrages vont de la littérature jusqu'à l’histoire religieuse, et notamment celle des vieux-croyants.

 

Подстриженными глазами

Ремизов А. Подстриженными глазами : книга узлов и закрут памяти. Paris, 1951.

Un millier d’ouvrages consacrés à la littérature russe et tout particulièrement à l’œuvre d'Alexandre Pouchkine provient de la riche  collection Pouchkiniana d’Alexandre Onéguine-Otto (1845-1925), fondateur du musée privé parisien consacré au poète. Arrivés en 1928 par l’intermédiaire de Modeste Hoffmann, (qui a fait don de quelques dizaines de volumes de sa propre bibliothèque), ces livres ont été réunis sous la cote « OH », créée à partir du nom de collectionneur en cyrillique : Онегин.

À l’occasion de l’exposition universelle de 1937 à Paris, la bibliothèque bénéficie d’un don de 500 ouvrages de la part du gouvernement soviétique, en partie dans les langues des peuples de l’URSS.

Grâce aux dons réguliers d’Antoine Scheikevitch, ancien lecteur de russe de l’École, plus de 400 ouvrages sont venus enrichir le fonds russe entre le début du XXe siècle et 1944. La bibliothèque achète ou reçoit en don des ouvrages d'importantes figures de l'émigration russe, telles qu'Aleksej Remizov (Alexis Remizov, 1877-1957) ou Lev Šestov (Léon Chestov, 1866-1938) - les archives de ce dernier étant conservées par la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne. En 1952, le fonds russe hérite de la bibliothèque personnelle et des archives de Paul Boyer.

Essentiellement alimenté par des dons jusque dans les années 1950, l’accroissement du fonds par achats reprend dès les années 1960. La bibliothèque se fournit alors auprès de la librairie parisienne, La Maison du livre étrangerLes échanges internationaux avec les bibliothèques et les universités tout au long de la période soviétique, ainsi que le versement du second exemplaire du dépôt légal éditeur par la Bibliothèque nationale de France (BnF) jusqu’en 2015, contribuent également à l’enrichissement de cet ensemble.

 

 

Les collections issues de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne

Древности

Древности : Труды Московскаго Археологическаго Общества. Москва, 1865-1916.

La chaire de langue et littérature russes a été créée à l’université de Paris en 1902, celle d’histoire et civilisation des Slaves en 1921.

Destiné à un public de chercheurs, le fonds a été créé par Louis Léger en 1868 et a été enrichi, entre 1906 et 1908, du legs d’Alfred Rambaud (1842-1905) puis d’une campagne d’acquisition de livres en russe. Vers 1950, la bibliothèque acquiert un important lot d’ouvrages en cyrillique et les rassemble sous la cote « Slave ». Dix ans plus tard est créé le « service slave » qui instaure une politique ambitieuse d’échanges avec les bibliothèques universitaires en URSS, obtenant même des publications régionales, difficilement accessibles. Des acquisitions de publications russes en histoire ancienne, médiévale et moderne sont également réalisées dans le cadre du réseau CADIST à partir de 1983.

La Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne a ainsi permis d’enrichir ce fonds russe de  28 000 monographies, parues entre 1960 et la fin des années 1990, et de plus de 100 titres de périodiques, dont un nombre considérable de publications de la maison d’édition de l'Académie des sciences soviétique Nauka et de ses filiales régionales.

Outre la littérature et la linguistique, cet ensemble étend les thématiques de la BULAC de l’archéologie, à l’art et à l’histoire de la Russie ancienne et moderne, et offre aussi un important ensemble sur le paléolithique sibérien. Enfin, cette collection issue de de la Sorbonne compte également un ensemble de revues, constituées de quelques séries juridiques et économiques. 

Dans la liste des donateurs historiques, figurent également les linguistes Robert Gauthiot (1876-1916), Raoul Labry (1880-1950) et Jean-Louis Van Regemorter (1927-1999).

Les ouvrages de la bibliothèque du Centre d’études slaves (CES)

Исторiя и Памятники Византiйской Эмали

Исторiя и Памятники Византiйской Эмали : Собранiе А. В. Звенигородскаго. С.-Петербург, 1892.

Cette bibliothèque a été fondée en 1924 au sein de l’Institut d’études slaves et a été enrichie en grande partie par les dons de slavistes célèbres, tels qu'André Mazon, Louis Léger, Pierre Pascal. Elle a déposé à la BULAC un fonds de 21 500 ouvrages, essentiellement édités dans la deuxième moitié du XXe siècle. Leurs thématiques couvrent essentiellement l'histoire, la littérature, la vie et l’œuvre de la diaspora russe.

Le fonds de la Bibliothèque juridique d’Europe centrale et orientale (BJECO), issue de l’Institut de recherches juridiques comparées (IRJC)

Cette collection réunit près de 6 900 ouvrages et plus de 56 000 fascicules de revues. Ce fonds a été constitué par les équipes successives chargées de la recherche sur le droit et la législation à travers le monde et notamment en URSS. Dans les années 1950, les livres appartenaient à la Société de législation comparée, remplacée, dans les années 1960, par l’Institut de droit comparé, dirigé par Jacques Foyer. 

En 1971, après l’installation à Ivry-sur-Seine, la bibliothèque dessert l’Institut de recherches juridiques comparées (IRJC). Elle reflète alors la spécialité du laboratoire : la législation, le droit pénal, les sciences politiques et l’économie des pays de l’Est.

La politique d'acquisition prend un nouvel élan entre les années 1985 et 1999, quand, sous la direction de Michel Lesage (1933-2009), est créé l’Institut de recherche comparative sur les institutions et le droit (IRCID). Les fonds s’accroissent grâce à la politique d’échanges avec des institutions soviétiques et post-soviétiques, aux dons de chercheurs, ainsi qu'à celui de la bibliothèque personnelle de Michel Lesage.

Личность и перестройка

Личность и перестройка : заметки психолога, 1990. Source de l'illustration

Процессы

Процессы : гласность и мафия : противостояние, 1989.

Les ouvrages du Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

Environ 1 000 fascicules de revues proviennent de cette institution. Ils couvrent, essentiellement, les thématiques de la presse, de la censure et des bibliographies.

Bulletin d'information de la Société panunioniste

Bulletin d'information de la Société panunioniste pour les relations culturelles entre l'U.R.S.S. et les pays étrangers, Moscou : Société pour les relations culturelles entre l'URSS et l'étranger, 1924-1929.

La politique éditoriale en Russie post-soviétique

Резные наличники

Резные наличники‎ : Центральная Россия, 2019.

 

Depuis les débuts de la Perestroïka en 1985, le pays est passé d’un système d’édition d’État centralisé et contrôlé à un marché plus libre et diversifié. La censure est levée à partir de 1990. Tout citoyen majeur peut alors fonder un organe de presse et obtenir une licence d'éditeur (disposition abolie en 2005). On observe alors un véritable essor de la production éditoriale. Le marché du livre en Russie se libéralise encore davantage avec l’éclatement de l’URSS en 1991. 

Dans les années 2000, le marché du livre russe a connu une croissance régulière, plaçant le pays au 4e rang mondial de la production éditoriale. La littérature grand public est particulièrement présente sur le marché (avec une prépondérance de best-sellers traduits de l’anglais), tandis que la part de l’édition scientifique diminue considérablement. Depuis 2008, la crise de l’édition en Russie se traduit par la diminution de plus de 40 % du nombre de titres et du volume de pages publiés. 

L’année 2018 marque un nouveau record de baisse du nombre des parutions et entraîne une forte concentration des maisons d’édition dans les grandes villes. En effet, nombreux sont les éditeurs de petite ou moyenne taille qui intègrent les grandes maisons d’édition dominant le marché, où elles exercent une activité éditoriale autonome.

La forme traditionnelle de l'édition par souscription a retrouvé un nouveau souffle depuis les années 2010, grâce aux plates-formes de crowdfunding, qui assurent ainsi l'existence de l'édition indépendante. Récemment, par exemple, ont été éditées les listes des victimes du massacre de Katyn et un catalogue des encadrements traditionnels de fenêtres sculptés en bois.

En 2019, les tirages inférieurs à 500 exemplaires représentent près de 50 % de la production éditoriale. En nombre de titres, seules les œuvres littéraires poursuivaient leur croissance jusqu'à la crise du Covid en 2020.

 

Thématiques

Государственное издательство за пять лет

Государственное издательство за пять лет. Москва, 1924. Движение изданий ГИЗа за 1922 и 1923 гг.

 

Dans le fonds russe de la BULAC, les ouvrages de sciences humaines sont prépondérants, et la linguistique, la littérature y sont les disciplines les mieux représentées, ainsi qu’une riche collection de livres soviétiques pour enfants. Arrivent ensuite, l’histoire et la civilisation, les sciences sociales, les études aréales et la pédagogie. Les nouveautés en littérature russe et leurs traductions en français sont systématiquement acquises, de même que les éditions régionales de qualité. La bibliothèque assure également un suivi sur les parutions de dictionnaires et d’encyclopédies en plusieurs volumes.

Le fonds russe se fait l’écho de la recherche actuelle sur l’histoire russe, particulièrement celle du XXe siècle, avec un suivi des recherches sur le stalinisme et le système du Goulag, la chute de l’URSS, le travail de mémoire, l’histoire de la dissidence, l’histoire sociale...) notamment à la lumière des nouvelles interprétations, suite à la réouverture des archives du KGB. La géopolitique, les questions régionales (Caucase, Sibérie, Oural) et ethniques, la participation de la Russie aux relations internationales, sont également des thématiques très présentes dans ces collections. 

Parmi les autres axes d’enrichissement méritent d’être mentionnés les études sociologiques sur les transformations actuelles de la société, les études sur le genre, les ouvrages sur le patrimoine historique et artistique russe ainsi que les nouvelles publications sur l’héritage de la diaspora russe. Au fil des années, le domaine russe a également constitué une importante collection de publications de l’émigration russe éditées entre 1920 et 1940. 

Государственное издательство за пять лет

Л. Каменев. Речь к рабочим и крестьянам. In : Государственное издательство за пять лет.

Les thèmes les plus récents touchent à l’évolution du langage, à la politique d’influence russe via Internet et les réseaux d’information à l’intérieur et à l’extérieur du pays ; mais aussi à l’émergence de la société civile, aux questions environnementales et à l’évolution économique du pays. Un nouveau genre – le roman graphique – a également fait son apparition dans les collections depuis quelques années.

Les collections russes de la BULAC jouent aussi le rôle de conservatoire des éditions originales soviétiques avant qu'elles ne soient censurées en URSS, par exemple, les travaux des membres réprimés du parti communiste. 

Parmi les dons récents entrés dans les collections russes sont à mentionner les 700 ouvrages sur la géographie et l’histoire russes offerts en 2012 et 2013 par l’ancien professeur de l’Inalco, Jean Radvanyi, ainsi que 1 000 volumes environ, comprenant également des revues, sur l'histoire de l’art russe provenant de la bibliothèque Alexandre Liapine (1927-2011), petit-fils du peintre V. Polenov. En 2008, les collections se sont enrichies de plus d’un millier d’ouvrages de linguistique, grâce au don de Jean Triomphe, éminent linguiste, auteur de nombreux dictionnaires et ouvrages pédagogiques. 

Les  ressources en ligne  du domaine russe proposent des livres électroniques, des bases de données, des archives de périodiques numérisées.

Consultez également les ressources sélectionnées par le chargé de collections du domaine russe.

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