Publié : 29.06.2021, mis à jour: 12.10.2021 à 19:13

Expositions permanentes

La BULAC fait place à la création artistique en invitant des artistes à investir les espaces de ses salles de lecture. Plusieurs œuvres d'art s'offrent ainsi au regard du public de manière pérenne.

Les portraits de Pauline Fournier accrochés au rez-de-jardin de la BULAC

Les portraits de Pauline Fournier accrochés au rez-de-jardin de la BULAC (Juliette Pinçon / BULAC).

Jeanne Gourlaouen, Pattes de goéland

Texte

Il était une fois des pattes de goéland géantes, parties de Kérity dans le Finistère pour cheminer jusqu'à Paris...

L’artiste

Jeanne Gourlaouen

Jeanne Gourlaouen dans son atelier. Crédit : photo personnelle de l'artiste

Jeune talent originaire de Bretagne, Jeanne Gourlaouen est designer plasticienne, diplômée en 2020 du DSAA Design de Produit de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art, Paris. En mars 2021, elle répond à un appel à projets sur le thème de l’éco-responsabilité lancé par Paris Design Week et Les Ateliers de Paris - Ville de Paris.

 

« Passionnée par la culture Underground, j’aspire à développer des laboratoires de conception alternatifs expérimentaux pour créer et produire autrement, dans le but d’ouvrir avec humour la frontière surveillée entre l’art et le design. L’ensemble de mes œuvres questionnent un vivant fossilisé qui s’éteint et s’assèche, laissant place à de nouvelles formes d’organismes. Avec humour et poésie, chaque pièce constitue une étape de mon cheminement de résilience face à une crise écologique inévitable. » Jeanne Gourlaouen

Le projet

Visuel
Jeanne Gourlaouen posant devant sa sculpture

Jeanne Gourlaouen pose aux côtés de ses pattes de goéland sur les rives de la Seine (Maxime Ruscio / BULAC).

Une installation éphémère présentée à la Paris Design Week

Texte

« Attachée au littoral breton et à son écosystème, je trouve mon inspiration sur les plages du Finistère. Entre l’érosion des dunes, le dérèglement climatique, la montée des eaux et la disparition de certaines espèces, je me questionne souvent sur l’évolution de notre monde.

En mars 2021, la Design Week de Paris lance un appel à candidature pour sa nouvelle édition, avec comme thématique "Design sur Cours, un aspect éco-responsable dans la création". Les Berges de Seine, inondées et submergées de plus en plus souvent lors de ces cinq dernières années, sont désormais un lieu de Paris que l’on se doit de protéger. Comme le littoral breton, cet espace est devenu fragile et précieux. Mon idée est de créer une paire de patte d’oiseau géante venant d’un futur proche. Cette installation à taille humaine permet au promeneur de questionner l’avenir de Paris avec la montée des eaux, ainsi que la place des animaux dans la ville et leurs évolutions.

Quand l'évolution du climat impacte la création. Cette sculpture illustre les effets du dérèglement climatique. Les températures changent plus rapidement que la capacité d'adaptation des organismes et les écosystèmes n'y sont pas préparés. À nous d'imaginer les transitions de ce dérèglement ! Ces pattes de goéland géantes illustrent avec humour la montée des eaux. »

Jeanne Gourlaouen

La patte environnementale de la BULAC

Texte

À l'issue de la Paris Design Week, les pattes de goéland de Jeanne Gourlaouen ont quitté l'hôtel d'Albret pour gagner la BULAC...

Pattes de goéland devant l'IMA

En chemin vers la BULAC, halte à l'Institut du monde arabe (Maxime Ruscio / BULAC).

Pattes de goéland devant la BnF

En chemin vers la BULAC, halte à la Bibliothèque nationale de France (Maxime Ruscio / BULAC).

Acheminement des pattes de goéland jusqu'à la BULAC (Maxime Ruscio / BULAC).
Texte

Aux couleurs de la BULAC, la sculpture vient symboliser la patte environnementale de la bibliothèque, engagée dans une démarche éco-responsable.

L'œuvre

Texte

Sculpture contemporaine, de 2m85 de hauteur, réalisée en papier journal, recouverte d'une résine époxy et d'une peinture orange melon, finition velours.

« Une structure en cuivre soudée et un socle en bois assurent la stabilité. L’ensemble est recouvert d’une résine époxy pour assurer l'étanchéité de l'œuvre et permettre son exposition en extérieur. Deux couches de peinture blanche, trois couches de peinture couleur orange melon et une couche de vernis lui confèrent une résistance aux UV et aux chocs. Conçue à Kérity, la sculpture a effectué 550 Km avant d’arriver à destination sur son site d’exposition à Paris. Il était important que l’œuvre puisse migrer et se déplacer facilement malgré sa forme volumineuse. » Jeanne Gourlaouen

L'œuvre est actuellement exposée à l'entrée de la bibliothèque, devant le mur-rideau du rez-de-chaussée. Elle est amenée à changer de localisation au gré des saisons. À suivre...

Pauline Fournier, intimités en mouvements

Texte

Depuis début 2021, deux portraits photographiques en grands formats, réalisés par l'artiste Pauline Fournier, sont à découvrir face à la salle de la Réserve…

L’artiste

Pauline Fournier

Pauline Fournier (Inalco).

« D'abord il y a le texte, que je manie sous toutes ses formes aux Langues O' : littéraire, scientifique, pédagogique, numérique et papier, originel et traduction. Et puis l'image avec la photographie que je développe juste à côté. »

 

Pauline Fournier est photographe et maître de conférences à l’Inalco. Après avoir obtenu plusieurs maîtrises dans le domaine des langues (maîtrise d'italien, DEA de linguistique et maîtrise de FLE) elle a choisi de se consacrer à la langue et à la littérature slovènes qu'elle enseigne à l'Inalco depuis une dizaine d'années. C'est là qu'elle a développé aussi son travail dans le domaine de la traduction littéraire auprès d'autres chercheurs de l'Institut (groupe de recherche et master en traduction littéraire) dans la continuité des propositions théoriques d'Henri Meschonnic.

Le projet

Texte

Les deux photographies que Pauline Fournier a offertes à la BULAC ont été réalisées dans le cadre de son projet Una Chiamata, mené durant l’année 2019-2020. Ces deux pièces d'une série de portraits d’étudiants en langues étrangères révèlent la jeune génération étudiante dynamique et engagée.

Visuel
Les portraits de Pauline Fournier accrochés au rez-de-jardin de la BULAC

Les portraits de Pauline Fournier accrochés au rez-de-jardin de la BULAC (Juliette Pinçon / BULAC).

Les œuvres

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Des échanges personnels entre l’artiste et les modèles qu’elle a sélectionnés, notamment au sujet de l’apprentissage des langues, lui ont permis d’identifier les espaces architecturaux les plus adaptés pour représenter chaque étudiant.

C’est ainsi que Marouane s’est mis en scène dans l’escalier menant au rez-de-jardin de la BULAC, transformé le temps d’une photographie en scène de défilé, tandis que Rose s’est fondue dans le décor végétal luxuriant du patio donnant sur la rue des Grands Moulins.

Le défilé de Marouane, série « Una Chiamata » (Pauline Fournier, 2020)

Le défilé de Marouane, série « Una Chiamata » (Pauline Fournier, 2020).

Rose, série « Una Chiamata » (Pauline Fournier, 2020)

Rose, série « Una Chiamata » (Pauline Fournier, 2020).

Œuvres exposées sur le mur face à la salle de la Réserve, au rez-de-jardin de la BULAC.

Bahia Shehab, de la lettre à l’image

Texte

Bahia Shehab figure parmi les artistes mis à l'honneur par la BULAC en 2015 à l'occasion de l'exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, la première exposition en France sur l'histoire de la typographie arabe.

L’artiste

Née au Caire en 1977, Bahia Shehab est une artiste, graphiste et historienne de l’art libano-égyptienne. Son travail, nourri par l’histoire de l’art islamique, explore les intersections entre l'identité moderne et le patrimoine culturel ancien et réinterprète la politique arabe contemporaine, le discours féministe et les questions sociales. Bahia Shehab a été active en tant qu'artiste de rue pendant le soulèvement égyptien de 2011. Elle a récemment fondé TYPE Lab, un laboratoire dédié à la promotion et au développement de l'écriture arabe au sein l'Université américaine du Caire, où elle dirige les programmes de cultures visuelles et de graphisme. Son livre A History of Arab Graphic Design (2020), co-écrit avec Haytham Nawar, est le tout premier manuel d'histoire sur le sujet. Reconnue pour sa créativité et son engagement, elle a reçu de nombreux prix et distinctions. Son œuvre a été présentée dans des expositions et galeries à travers le monde, en Chine, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, au Liban, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis.

Le projet

Texte

Bahia Shehab a entamé en 2010 une recherche sur l’histoire de la lettre double lam-alif, qui a aussi en arabe le sens de la négation. À partir du millier de formes différentes qu’elle a rassemblées, depuis le début de l’islam jusqu’à nos jours, et de l’Espagne jusqu’aux frontières de la Chine, elle a créé une installation artistique et composé un livre, A Thousand Times NO: the Visual History of Lam-Alif [Mille Fois Non : l’histoire visuelle du lamalif]. La répression du mouvement révolutionnaire quelques mois plus tard l’a amenée à peindre ses « NON » sur les murs du Caire, ce dont témoigne le documentaire Nefertiti's Daughters (2015).

L'artiste a prolongé ce travail à la BULAC dans le cadre de l'exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, présentée dans la galerie du Pôle des langues et civilisations et les salles de lecture de la BULAC à l'été 2015. L'exposition proposait au visiteur de découvrir les travaux d’artistes, de graphistes et de typographes contemporains, donnant un aperçu du dynamisme qui anime la création graphique et typographique sur l’écriture arabe. 

Visuel
Exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, visite commentée

Exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe, visite commentée, rez-de-chaussée de la BULAC (Grégoire Maisonneuve / BULAC).

L’œuvre

Bahia Shehab, A Thousand Times No

Bahia Shehab, A Thousand Times No (Grégoire Maisonneuve / BULAC).

L'œuvre présentée à l'entrée de la BULAC est un développement du travail de thésaurisation de la lettre lam-alif débuté par Bahia Shehab en 2010.

L'artiste a repris quelques-unes de ses formes, avec la volonté de faire partager aux jeunes artistes-graphistes une connaissance des créations du passé en même temps qu’un sens du jeu, de l’invention et de la liberté.

Cette œuvre porte le témoignage d'un profond renouvellement de la création graphique et typographique, par l'exploration des cultures anciennes et des formes traditionnelles. Elle inscrit dans le présent la mémoire d'un événement marquant de la programmation culturelle de la BULAC.

  • A Thousand Times No, œuvre inspirée par l'histoire du mot « LamAlif » (« non » en arabe). Bahia Shehab l'avait reproduit sur les murs du Caire pendant la révolution du printemps arabe.
  • Œuvre exposée sur le mur-rideau au rez-de-chaussée de la salle de lecture de la BULAC.
Visuel
Bahia Shehab, A Thousand Times NO

Bahia Shehab, A Thousand Times NO.

À lire : « Contempler A Thousand Times Node Bahia Shehab », par Jérôme Lequine, La Croix, 20 février 2021.