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Frontières, migrants et réfugiés

Organisateur(s) :BULAC

« Il est impossible de parler des migrations d’êtres humains sans évoquer les frontières que dressent d’autres êtres humains. La relation est intime, la frontière étant l’obstacle le plus dangereux auquel se heurte le migrant, clandestin ou non, au cours de son voyage. » (Philippe Rekacewicz, géographe cartographe Le Monde diplomatique)

Frontières, migrants et réfugiés

Visuel de l'exposition Frontières, migrants et réfugiés (Philippe Rekacewicz).

Quand : 4 juin 2012 > 22 juin 2012 Où : Galerie du Pôle des langues et civilisations

La frontière s’inscrit en contraste dans le paysage : soit elle se dresse en barrière épaisse, soit elle feint la disparition.

Elle donne l’illusion d’un monde parfaitement organisé en régions ou en pays. Les frontières regroupent pourtant les hommes autant qu’elles les séparent. Elles se meuvent dans le temps et dans l’espace quand l’histoire bouscule la géographie du monde.

Les cartes exposées sont des esquisses crayonnées dont l’aspect incertain témoigne de ce qu’est la frontière elle-même : ambivalente et paradoxale.

L’esquisse préfigure la carte, elle permet d’exprimer plus librement et plus subjectivement le caractère fluctuant ou arbitraire de ces lignes de partage et la diversité de leur statut.

La cartographie part ainsi à la rencontre de l’art ; le cartographe s’essaie alors à un exercice lui permettant d’être plus direct, plus incisif.

Les cartes répondent d’abord à la question «  ? » et permettent ensuite de comprendre « quoi ? », c’est-à-dire comment les communautés humaines produisent leur territoire. Derrière chaque carte, il y a une intention. La carte naît d’une idée, elle est une construction mentale avant d’être couchée sur le papier. L’esquisse montre l’humeur et les hésitations du cartographe qui y note en désordre les idées qui vont constituer la trame de l’histoire qu’il raconte. Elle se conçoit et s’organise comme on assemble un jeu de construction : chaque pièce est en contact avec toutes les autres. Changer la place d’une de ces pièces revient à recomposer le paysage.

L’esquisse est une « œuvre de transition » malléable, elle est le lieu d’expérimentations graphiques, un révélateur plus authentique, plus fidèle à la pensée du cartographe que l’ordinateur, qui pervertit : il fige froidement et artificiellement des situations souvent fort mouvantes.

Elle est aussi plus dynamique : les mouvements, les formes, les couleurs s’y expriment avec plus de vie. On peut renforcer les traits, jouer sur les contrastes, insister sur le caractère aléatoire de la géographie du monde. C’est ce qui en fait une émotion artistique autant que politique.

 

Philippe Rekacewicz, géographe cartographe Le Monde diplomatique

Lever les barrières : mobilité et développement humains

En 2009, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publiait le rapport mondial sur le développement humain, Lever les barrières : mobilité et développement humains. Ce rapport constate que des politiques plus propices à la mobilité peuvent stimuler le développement humain.

Cet ouvrage invite notamment les gouvernements à limiter les restrictions sur les déplacements à l’intérieur de leur pays et au-delà des frontières afin d’élargir les choix humains et les libertés.

Nos intervenants

Philippe Rekacewicz, dit « Reka »
PICTO intervenant extérieur

Cartographe, géographe et journaliste français, né le 1er novembre 1960 à Paris. Diplômé de géographie à la Sorbonne en 1988, Philippe Rekacewicz devient rapidement un collaborateur permanent du mensuel Le Monde diplomatique qu’il quitte définitivement en 2014.

Cartographier le présent

Créé en 2006, à l’initiative du Comité International de Bologne pour la Cartographie et l’Analyse du Monde Contemporain, Cartographier le présent est un centre de recherche et de documentation sur les transformations géopolitiques du monde contemporain utilisant les outils spécifiques à la cartographie et les nouvelles technologies multimédias.