Les acquisitions

Le rôle du bibliothécaire

Compte tenu du manque de moyens permettant une bonne diffusion des informations inhérentes aux publications, les bibliothécaires chargés des acquisitions se doivent de posséder une connaissance précise du paysage éditorial de ces secteurs linguistiques et des réseaux leur permettant de s'approvisionner. C’est en suivant les évolutions du monde de l’édition et en effectuant des veilles documentaires rigoureuses qu'il est malgré tout possible d'opérer des sélections pertinentes et représentatives de la production éditoriale de cette région.

Des achats qui ne vont pas de soi

Dans le Monde arabe, la sélection de livres s’appuie sur un travail de veille éditoriale réalisée par le bibliothécaire sur une zone assez vaste et peu facile d’accès à distance. Sans catalogue en ligne des titres disponibles ou à paraître, il est difficile de récolter les informations indispensables pour sélectionner les acquisitions destinées à alimenter le fonds. Dans le Monde arabe, pareilles informations ne sont pas centralisées. Il faut littéralement glaner les informations. Les achats sont pratiquement impossibles si on ne s’est pas constitué un bon réseau de fournisseurs, d'éditeurs et de chercheurs. Ce sont les seuls interlocuteurs qui sont en capacité d’informer et renseigner le bibliothécaire. Pour ces raisons, les livres publiés en Arabie saoudite, en Jordanie et dans les pays du Golfe persique demeurent particulièrement difficiles à acquérir.

Le problème est le même dans les pays d’Asie centrale, obtenir des informations bibliographiques pour procéder à des acquisitions n'a rien d'évident. La veille éditoriale n’est possible qu’à partir des recherches effectuées sur Internet et uniquement en langues locales.

En 1979 au moment de la révolution iranienne, la bibliothèque s'est trouvée coupée de ses contacts locaux habituels. Aucune information ne sortait de ce pays en plein bouleversement. La plupart des périodiques ont alors cessé de paraître et les monographies n'étaient publiées qu'en tirage très limité (200-300 exemplaires). Pendant presque trois ans la bibliothèque a été dan l'impossibilité d'alimenter son fonds persan, seuls les ouvrages provenant de dons effectués par la diaspora iranienne ont pu être enregistrés.

Les acquisitions se fondent sur :

  • la politique documentaire de la BULAC ;
  • des personnels spécialistes de langues ;
  • l’ensemble des réseaux d’information : Internet et les nouveaux médias (blogs, site Internet de journaux), les catalogues et la presse papier ;
  • des moyens financiers ;
  • les publics (étudiants, chercheurs et toute personne s’intéressant à ces domaines) de la bibliothèque ;
  • l’ensemble des réseaux d’information de distribution permettant l’accès au livre : fournisseurs et éditeurs ou des personnes relais du monde de l’édition locale.

Très difficile à quantifier, le chiffre total des titres publiés au Moyen-Orient s'évaluent pour l'année 2006 environ à, 32 000 pour la Turquie (ce chiffre prend en compte les nouveautés et les rééditions), 41 000 pour l’Iran (ce chiffre prend en compte les nouveautés, les publications d'État et les rééditions) ; pour l’ensemble du monde arabe, le seul chiffre disponible : 14 300 titres, ne prend en compte que les publications de niveau universitaire. Le nombre moyen annuel d’acquisitions effectuées par l'ex-Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (dont les fonds vont constituer la part la plus importante des collections de la BULAC) était de 720 titres en turc, 600 en persan et de 473 titres en arabe pour la période de 1998 à 2003.

L. T.

 
 


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Le Carreau de la BULAC, carnet de recherches sur hypotheses.org

La Croisée de la BULAC, carnet de veille sur hypotheses.org

Pour citer cette page : 🔗 www.bulac.fr/?id=484