Les manuscrits Yi de la BULAC accessibles sur Nakala
La BULAC met en avant sa collection de manuscrits Yi. Les photographies de 29 documents ont été déposées sur l'entrepôt de données Nakala où elles sont à présent disponibles en libre accès.
Manuscrit Yi [MS CHI YI 2, fol. 3]
Les manuscrits Yi de la BULAC
Sous l’exonyme chinois Yi/彝 sont rassemblés différents groupes ethniques plus ou moins proches linguistiquement et géographiquement. Les Yi sont l’une des 56 nationalités reconnues en Chine, avec un peu moins de 8 millions de représentants répartis entre les provinces du Guangxi et du Guizhou à l’Est, celle du Sichuan au Nord et celle du Yunnan à l’Ouest.
Les langues et dialectes yi appartiennent à la branche des langues lolo de la famille tibéto-birmane. L'écriture yi moderne a été fixée dans les années 1970 à partir de l’écriture classique, un système syllabo-logographique constitué d'environ 8 000 glyphes. C’est ce système d’écriture qui caractérise les manuscrits Yi de la BULAC.
Les 33 documents qui composent ce fonds, constitué dans la deuxième moitié du XIXe siècle par une série de dons et d’achats de la bibliothèque de l'École des langues orientales, se présentent sous la forme de rouleaux (feuillets de papier très fin cousus ensemble sur le côté) ou de feuillets séparés (conservés à plat).
Étudier les langues et écritures yi, des explorateurs aux linguistes
L’étude de la langue et des productions écrites issues de la culture yi remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque missionnaires et explorateurs publient les premiers vocabulaires et des essais de grammaires entre 1899 et 1912.
Le linguiste Fu Maoji / 傅懋勣 (1911-1988) produit en 1950 la seule grammaire anglaise de la langue nuosu, variante septentrionale de prestige du yi parlée dans la préfecture autonome yi de Liangshan au Sichuan, et fait avancer les connaissances sur l’origine des scripts yi. Plus récemment, dans les années 1990, le chercheur David Bradley s’intéresse de nouveau à ces langues dans le cadre de sa thèse et devient l’un des spécialistes reconnus du nuosu.
Diffusion en libre accès d’un patrimoine culturel
Dans les années 2000, les manuscrits Yi actuellement conservés à la BULAC font l’objet de deux campagnes de photographie intégrale, l'une par David Bradley en 2001 et l’autre par une doctorante japonaise, Iwasa Kazue, en 2004. Les projets de traduction envisagés alors ne peuvent malheureusement pas aboutir.
Les clichés réalisés dans ces deux occasions à la bibliothèque sont à présent accessibles via Nakala, l'entrepôt national des données de la recherche en SHS maintenue par l’infrastructure de recherche Huma-Num. Ils sont rassemblés en une collection unique librement consultable par les chercheurs du monde entier.
La diffusion de ces documents s’inscrit dans une dynamique globale de valorisation de la langue et de la culture Yi, considérées comme en danger. La préfecture de Bijie au Guizhou porte un projet d’inscription de la langue Yi au registre international de la mémoire du monde de l’UNESCO.
Associée au projet, la BULAC espère faire aboutir dans ce cadre le signalement fin de ce fonds de manuscrits avant, à terme, d’envisager une campagne de numérisation en bonne et due forme de ces documents uniques qui révèlent la voix des chamans Yi.
Cette formation s'adresse aux chercheurs en sciences humaines et sociales. Elle est dédiée à la présentation et à la prise en main de deux services portés par l'infrastructure de recherche Huma-Num. Sharedocs est un gestionnaire sécurisé de données, Nakala...