Publié : 15.07.2021, mis à jour: 02.09.2021 à 20:26

Nos collections

La BULAC conserve de riches collections, dont l'histoire et la constitution sont singulières. Plus de 1,5 million de documents (monographies et périodiques), ainsi que de nombreuses ressources électroniques, sont ainsi à la disposition de tous les lecteurs dans le domaine des aires culturelles. 

Manuscrit sur ôles

Manuscrit sur ôles, collections de la BULAC.

L'histoire des collections

1669 et 1700, Istanbul et Paris : une double origine

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Istanbul (Constantinople)

Une école de « Jeunes de langue » est créée à Istanbul — la première du genre — à l’initiative de Colbert par arrêt du Conseil d’État du 18 novembre 1669. Elle est confiée aux pères capucins et sise dans les locaux de l’ambassade de France. On y enseigne d’abord le turc, l’arabe, le persan et rapidement le grec et l’arménien.

Certains livres présents dans les collections de la BIULO proviennent de la bibliothèque de cette école, dans laquelle de nombreux diplomates et marchands ont été formés.

 

Paris

La seconde école est établie à Paris et fonctionne à partir de 1700, avec 12 bourses annuelles. Il s’agit d’une classe spéciale destinée à des élèves levantins ou français — que l’on appelle « les enfants arméniens » —, devant faire carrière dans les Échelles du Proche-Orient. En 1721, une réforme judicieuse prévoit qu’après leur scolarité ces élèves finiront leurs études à l’école d’Istanbul. Établie dans le collège de Louis le Grand, cette classe est placée sous la férule des Jésuites jusqu’en 1762, date de leur expulsion, l’université prenant alors le relais.

Cette classe avait une bibliothèque composée de manuscrits apportés du Levant et de manuels rédigés tout spécialement à destination des élèves.

1795 : création de l’École spéciale des langues orientales, rue de Richelieu

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Pour donner une impulsion nouvelle à l’enseignement des langues orientales, notamment grâce à l’influence de savants comme le célèbre Silvestre de Sacy (1758-1838), membre de l’Institut depuis 1785, est créée l’École spéciale des langues orientales. Ce sera l’œuvre de la Convention (décret-loi du 30 mars 1795) ; elle s’installe rue de Richelieu, à la Bibliothèque nationale (BN). Dirigée à l’origine par Louis-Mathieu Langlès (1763-1824), on y enseigne l’arabe, le turc, le tatare de Crimée, le persan et le malais ; son directeur est en même temps conservateur des manuscrits orientaux de la BN, ce qui explique les liens étroits entre la BN et les « Langues orientales ».

1831 : fin de l’école de Constantinople

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Réformée à la Révolution, l’école de Constantinople, que délaissent les Capucins en 1803, continue cependant son activité jusqu’en 1831 sous la direction d’Antoine Ducaurroy (1755-1835) un des correspondants de Silvestre de Sacy pour qui il achète des manuscrits ; il effectue également des acquisitions pour la bibliothèque de l’École.

Ces ouvrages qui ont constitué le fonds destiné à l’enseignement n’avaient aucune prétention à l’érudition. Joseph-Marie Jouannin (1783-1844) succède à Antoine Ducaurroy de 1822 à 1829 en tant que professeur de turc et d’arabe. L’École des langues de Louis le Grand doit beaucoup à Joseph-Marie Jouannin, il en est l’administrateur et le bibliothécaire de 1829 à sa mort.

1838 : rédaction du premier catalogue de la bibliothèque

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Joseph-Marie Jouannin va considérablement enrichir le fonds de la bibliothèque en acquérant les manuscrits utiles aux élèves. Il établit un catalogue de ces ouvrages en 1838 : on y compte 147 titres, 26 d’entre eux sont en arabe et ont été imprimés au Caire à partir de 1822. L’acquisition de nombreux ouvrages effectuée en Égypte et à Istanbul par Jouannin et ses successeurs, tel qu'Alix Desgranges (1793-1854), enrichit ce catalogue qui s’élève à 425 volumes (186 turcs, 133 arabes, 68 persans) en 1874, date de la fermeture de l’École de Louis le Grand. Le fonds de la bibliothèque est alors transféré rue de Lille.

1867 : la bibliothèque rassemble 725 volumes

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Pour l’enseignement, on constitue une bibliothèque dans la salle où sont donnés les cours qui totalise 300 volumes en 1867 (dernière année d’activité de cet établissement). La bibliothèque compte 725 volumes lorsqu’elle est transférée en 1868 dans la nouvelle école dont la direction est confiée à Charles Schefer (1820-1898). Ce dernier avait été drogman, avait joué un grand rôle à Istanbul lors de la guerre de Crimée, et était lui-même collectionneur et bibliophile.

L'essor

1874 : l’École spéciale des langues orientales et sa bibliothèque s’installent rue de Lille

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Sous l’impulsion de Charles Schefer, et grâce à son dynamisme, l’École, d'abord accueillie provisoirement avec ses livres en 1868 au Collège de France, va trouver un bâtiment spécialement aménagé pour elle. Dans le même temps, Auguste Carrière (1838-1902), arménisant et sémitisant, est nommé bibliothécaire. L’œuvre de Carrière est considérable : il constitue une bibliothèque digne de ce nom. Celle-ci emménagera définitivement rue de Lille en 1874. Durant toute cette période, la bibliothèque se dote de fonds qui deviendront incontournables. Dès 1875 lui sont donnés 1 600 volumes venant de l’helléniste Wladimir Brunet de Presles (1809-1875), ainsi que des volumes venant de bibliothèques de savants (ventes Jules Mohl, Garcin de Tassy, Alphonse Belin, Jules Thonnelier, etc.).

Les objectifs sont en effet clairement fixés : constituer des collections cohérentes — en langue originale et en traduction — dans les différentes langues et en littératures, sur les voyages, la géographie, l’histoire, les religions et le folklore des pays, en lien avec les enseignements de l’École. De la sorte, en 1898, la bibliothèque est riche de plus de 50 000 volumes, acquis en Europe, mais aussi grâce à un réseau de correspondants (Istanbul, Calcutta, Tanger, Bombay, Tchong-k’ing, Pékin, etc.) avec lesquels sont faits des échanges. Dans le même temps, l’enseignement de nouvelles langues induit la création de nouveaux fonds. Le chinois avait commencé à être enseigné en 1840 par Antoine Bazin (1799-1863), mais c’est le comte Michel-Alexandre de Kleczkowski (1818-1886) qui fonde à partir de 1871 un véritable enseignement de chinois moderne, grâce à son expérience d’interprète. [cf. ms. Chi. 1(1-2), etc.]

L’arabisant Maurice Gaudefroy-Demombynes (1852-1967) administre la bibliothèque de 1898 à 1910.

À partir des années 1920, le fonds de la bibliothèque se diversifie

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Grâce à Julien Vinson (1843-1926) qui enseigne le tamoul puis l’hindustani de 1886 à 1921, le fonds tamoul se développe significativement. Paul Boyer (1864-1949), professeur de russe de 1891 à 1936, nommé administrateur en 1908, s’intéresse également à la bibliothèque qu’il fait agrandir et qu’il enrichit régulièrement. Il lui lègue sa propre bibliothèque en 1952.

C’est sous son mandat que s’est développé de 1921 à 1933 l’enseignement de plusieurs langues slaves et finno-ougriennes, qui a entraîné la constitution de fonds conséquents grâce aux dons d’Ivan Stchoukine (1869-1908) en 1909, du linguiste, spécialiste du slovène, Lucien Tesnière (1893-1954) et d’Élie Borschak (1891-1959) qui introduit en 1938 l’enseignement de l’ukrainien à l’École.

1945 : rattachement de la bibliothèque à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique

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À côté des fonds généraux, cotés par lettres simples et doubles, sont développés après 1930 des fonds spécifiques, par langues. Lorsque en 1945, la bibliothèque se trouve séparée administrativement de l’École et rattachée à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique, elle est riche de 150 000 volumes, 3 100 titres de périodiques et de 30 000 documents divers. Elle dispose alors d’un catalogue manuel, par auteur et par matière.

Depuis 1945, la bibliothèque connaît un développement régulier malgré la faiblesse de ses moyens financiers et des difficultés d’acquisition, l’évolution de l’édition dans les différents pays rendant parfois difficile la constitution de collections complètes. Le développement de laboratoires de recherche plus spécialisés a également conduit à des partages de compétences. Toutefois, la bibliothèque qui comptait 430 000 ouvrages en 1995, totalise, à la fin de l’année 2008, 740 989 monographies (avec un accroissement annuel de 14 000 volumes) et 12 189 titres de périodiques, dont 1 958 vivants.

Les collections patrimoniales de la BIULO

Les imprimés anciens

Recueil de prières et d'invocations en arabe

Recueil de prières et d'invocations en arabe, manuscrit enluminé copié en 1762/1175 h pour le sultan Nāṣir al-dīn Sayyid Mustafà Bāy. Collections de la BULAC (cote MS.ARA.152).

Parmi les collections de la BIULO, on a estimé à 90 000 le nombre de volumes imprimés (monographies et périodiques confondus) qui peuvent être considérés comme ayant une valeur patrimoniale. La plupart seront conservés dans la Réserve de la BULAC. Ce sont les ouvrages antérieurs à 1811 ou 1840, les ouvrages rares, à tirage limité ou dédicacés. Il s’agit également des éditions proche-orientales, indiennes ou extrême-orientales antérieures à 1900 ou 1914. Ces ouvrages sont devenus très rares dans leurs pays d’origine.

Une collection de revues remarquable

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La BULAC possède une très riche collection de revues issue de la bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO). On y trouve environ 26 000 titres de périodiques dont 2 590 sont vivants. On peut ainsi signaler un fonds remarquable concernant la période révolutionnaire russe ou les émigrations et un ensemble important d’anciens périodiques proche-orientaux, arméniens notamment de la période 1850-1930. Pour l’Asie orientale et l’Asie du Sud-Est, la bibliothèque détient un ensemble significatif de titres chinois ou des titres devenus rares dans leurs pays d’édition, comme les collections khmers récentes. Toutes ces collections souvent très fragiles vont nécessiter des programmes de numérisation.

Une Réserve riche de 4 000 manuscrits

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Bien qu’actuellement visible de façon partielle dans le catalogue de la BULAC, la collection de manuscrits de la BIULO est riche de plus de 4 000 manuscrits. Elle compte un millier de volumes et un grand nombre de fragments en arabe, 197 volumes en turc, 133 volumes en persan, 55 volumes en hébreu et une cinquantaine de volumes dans différentes langues indiennes ainsi que d’autres ensembles de volumes en pali, en sanskrit, en cham, en cambodgien, en birman et dans diverses langues indochinoises. On y trouve également d’autres fonds en langues (russe, arménien, chinois, japonais, malais, lolo, etc.) ainsi que des fonds d’archives et des recueils de correspondances. Cet ensemble est conservé à la Réserve de la BULAC.

Explorer nos collections

Les collections papier

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Les collections de la BULAC proviennent en grande majorité de la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO), riche d’environ 800 000 monographies. Son histoire se confond avec celle de l’enseignement des langues orientales et de la fameuse École des langues orientales, née de la volonté de Colbert de créer une école d’interprètes, les « Jeunes de langue » (giovani di lingua) destinés au Levant.

Les collections en ligne

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Les collections en ligne de la BULAC se composent de ressources électroniques acquises auprès des éditeurs et de collections patrimoniales numérisées. Le catalogue de la BULAC est le point d'entrée unique pour parcourir l'ensemble des collections de la bibliothèque : collections papier, collections en ligne et collections patrimoniales numérisées.